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Liban - Citoyen Grognon

Terroristes en puissance

Encore une fois, les Libanais paient le prix du terrorisme international et de l'incapacité des grandes puissances à éradiquer ce fléau.
Désormais, absolument tous les Libanais en partance pour les États-Unis ou voyageant à travers le pays de l'Oncle Sam, même ceux portant un passeport étranger, n'ont d'autre choix que de se soumettre aux mesures de contrôle renforcé mises en place dans les aéroports par l'administration Obama. Par contrôle renforcé, l'administration américaine entend fouille corporelle approfondie et inspection manuelle des effets personnels.
Dès l'application de la décision, les choses ont dérapé dans les aéroports. Le contrôle renforcé s'est vite transformé en mesures vexatoires, pour ne pas dire discriminatoires, voire quasiment racistes à l'égard de voyageurs libanais. L'exemple relaté dans notre précédente édition par notre correspondant Khalil Fleyhane concernant une famille libanaise en est la preuve formelle : un douanier américain a confisqué le biberon d'un bébé avant de le jeter à la poubelle. Le produit qu'il voyait dans le biberon, le lait en l'occurrence, pouvait bien être de la matière explosive, a-t-il estimé.
Aberrant ! Mais tellement inévitable !
Officiellement autorisés, incités même à pratiquer la discrimination à l'égard de tous les ressortissants de 14 pays accusés de soutenir le terrorisme, les douaniers américains s'en donnent aujourd'hui à cœur joie, n'épargnant ni les familles ni les diplomates. Rien ni personne ne les empêchera de poursuivre leurs humiliantes pratiques si aucune limite ne leur est rapidement imposée. Ils auront la latitude de prendre des décisions irrévocables, à la tête du client ou en fonction de leur humeur, comme bon leur semble.
Rattrapés par la menace terroriste qu'ils ne parviennent pas à enrayer, affaiblis par des services de renseignements déficients, enfermés dans une dangereuse paranoïa, les États-Unis s'en prennent alors aux Libanais, entre autres. Des Libanais en colère, qu'ils soient ou non détenteurs d'un passeport étranger, qui tiennent à rappeler au monde entier qu'ils ont figuré parmi les premières victimes du terrorisme, qu'ils continuent d'en être victimes et qu'ils comptent parmi les peuples engagés dans la lutte contre le terrorisme.
La mesure est du « profilage racial » et « porte atteinte à la vie privée ». Elle risque fort de générer « hostilité et méfiance », met en garde Amnistie internationale, branche canadienne de l'organisme de défense des droits humains.
La nation américaine n'a-t-elle donc aucun autre moyen de se protéger, comme celui de dresser des listes d'individus dangereux ou suspects et de leur interdire l'entrée du territoire américain ? La plus moderne des grandes puissances n'a-t-elle donc pas la capacité de développer et d'améliorer son service de renseignements qui laisse fortement à désirer ?
Le peuple libanais est en droit de se poser la question. Car il refuse d'être traité de terroriste en puissance et de faire les frais d'une décision aussi arbitraire qu'injuste.
Encore une fois, les Libanais paient le prix du terrorisme international et de l'incapacité des grandes puissances à éradiquer ce fléau.Désormais, absolument tous les Libanais en partance pour les États-Unis ou voyageant à travers le pays de l'Oncle Sam, même ceux portant un passeport étranger, n'ont d'autre choix que de se soumettre aux mesures de contrôle renforcé mises en place dans les aéroports par l'administration Obama. Par contrôle renforcé, l'administration américaine entend fouille corporelle approfondie et inspection manuelle des effets personnels. Dès l'application de la décision, les choses ont dérapé dans les aéroports. Le contrôle renforcé s'est vite transformé en...
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