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Liban - Commentaire

Le Liban, un patient interdit de soins onusiens

Un ancien ambassadeur répète que le Liban n'aurait pas eu à subir tant de guerres et de malheurs, et n'aurait pas connu le règne des milices ou des occupants, si les résolutions le concernant avaient été appliquées. La première, la 425, édictée en 1978, reste toujours lettre morte, de fait comme de droit. Car, malgré le retrait israélien de l'an 2000, Chebaa, Kfarchouba et Ghajar sont toujours sous occupation, sans parler du pillage des ressources hydrauliques libanaises. C'est ce qui avait permis, au début, l'intrusion puis le déferlement envahissant des groupes armés palestiniens, qui avaient réussi durant quelques violentes années à se tailler un royaume chez nous. Et c'est ce qui permet, aujourd'hui, à la Résistance armée de prendre le relais des fedayin. Ce dont Israël prend prétexte pour soutenir, devant l'ONU, que la non-application de la 425, comme de la 1701, doit être imputée au Hezbollah. Contrairement à l'adage, l'histoire repasse donc au Liban les mêmes plats.
Un drame dont la cause première reste l'incapacité des Libanais à unifier leurs vues. S'ils avaient adopté une même attitude, fût-elle de compromis, à l'égard des Palestiniens armés, la guerre de 1975-1976, premier grain d'un long chapelet, n'aurait pas éclaté. Et, par conséquent, il n'y aurait pas eu de mainmise syrienne démarrant avec l'entrée de troupes pacificatrices en 1976. Et, de même, Israël n'aurait pas eu de prétexte pour envahir le Sud en 1978, puis Beyrouth en 1982. En exigeant d'abord le départ des Palestiniens, puis celui des forces syriennes, pour accepter de rendre ses droits au Liban.
Mais l'on ne peut ignorer que le Conseil de sécurité de l'ONU n'a jamais rien fait pour que ses résolutions soient exécutées. Pour ne pas remonter loin, il a fermé les yeux sur la prorogation du mandat du président Émile Lahoud, véritable camouflet infligé à la 1559 qui interdisait ce coup de force. Plus gravement, sans doute, le Conseil de sécurité ne se préoccupe toujours pas de faire dissoudre les milices libanaises ou palestiniennes, comme il l'ordonne à travers la 1559, la 1681 et la 1701. Au contraire même, il laisse le secrétariat général de l'ONU consentir, à la demande du Liban officiel, à laisser aux Libanais une marge de temps indéterminée, pour régler entre eux, à l'amiable, le problème de l'armement. Alors même que ce facteur devient extrêmement dangereux du moment que l'armement dit résistant se tourne désormais vers l'intérieur. Pour s'exprimer sur le terrain, comme on l'a vu le 7 Mai. Ou pour obliger politiquement le Liban à renoncer à la démocratie parlementaire, ainsi qu'à l'État de droit souverain et indépendant.
Comme le ver reste dans le fruit, on se demande aujourd'hui s'il faudra de nouvelles guerres, avec intervention de forces arabes ou internationales, pour que les objectifs fixés par la 1559 et par la 1701 soient atteints. En vitrine, le nœud s'articule autour de Chebaa. Israël refuse de s'en retirer, du moment que ce lopin est placé sous la juridiction de la 242 concernant le Golan, et non de la 425 réservée au territoire libanais. Or, à ce propos, la Syrie se dérobe à toute homologation du droit libanais, en affirmant qu'elle ne peut procéder à l'opération topographique de tracé de la frontière tant que Chebaa reste occupée.
Dans ses tournées à l'étranger, le président Michel Sleiman tente d'obtenir une aide internationale efficace pour la réalisation de la 1701. Il fait valoir qu'il faut d'abord traiter les causes de l'existence d'un armement libanais hors légalité. Donc, que tout commence par la libération des enclaves qu'Israël occupe encore au Liban. Pour que l'État de droit souverain, fort et indépendant, que réclame l'ONU elle-même puisse enfin prendre corps.
Un ancien ambassadeur répète que le Liban n'aurait pas eu à subir tant de guerres et de malheurs, et n'aurait pas connu le règne des milices ou des occupants, si les résolutions le concernant avaient été appliquées. La première, la 425, édictée en 1978, reste toujours lettre morte, de fait comme de droit. Car, malgré le retrait israélien de l'an 2000, Chebaa, Kfarchouba et Ghajar sont toujours sous occupation, sans parler du pillage des ressources hydrauliques libanaises. C'est ce qui avait permis, au début, l'intrusion puis le déferlement envahissant des groupes armés palestiniens, qui avaient réussi durant quelques violentes années à se tailler un royaume chez nous. Et c'est ce qui permet, aujourd'hui,...
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