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Économie - Économie

La dynamique allemande de sortie de crise s’enraye

Commandes industrielles décevantes, ventes de détail en berne : après quelques mois d'embellie, la dynamique de sortie de crise de l'économie allemande se grippe déjà, et les scénarios 2010 pour la première économie européenne sont de moins en moins optimistes.
Pendant quelques mois, à l'été dernier, l'Allemagne a pu se croire tirée d'affaire, devant une déferlante d'indicateurs macroéconomiques au vert. Finalement, il s'avère qu'après 2009, 2010 sera sans doute aussi l'année de la crise, deuxième épisode.
Certes, l'économie devrait croître. Après une contraction du produit intérieur brut (PIB) de près de 5 % l'an dernier, d'un simple point de vue mécanique, les chiffres d'investissement, de production et d'exportation vont rebondir.
Tous les experts misent sur un PIB en hausse. La dernière prévision en date, celle de l'institut berlinois réputé DIW publiée hier, fait même état d'une croissance de 2 % cette année. Mais s'empresse d'ajouter ne voir dans cette prévision « aucun motif d'euphorie ». L'institut de Cologne (Ouest) IW fait pour sa part le pronostic d'une « évolution plutôt poussive » dans les mois à venir.
Les derniers indicateurs disponibles semblent leur donner raison.
Les commandes du mois de novembre à l'industrie, pilier de l'économie allemande, ont déçu, obligeant le ministère de l'Économie à constater que « le processus de reprise a en ce moment perdu de sa dynamique ». La chute de la demande dans le secteur automobile joue un rôle prépondérant dans cette évolution, précise-t-il, alors que les dispositifs d'incitation à l'achat de voitures ont pris fin tant en Allemagne que dans la plupart des pays vers lesquels elle exporte ses VW Golf et Opel Corsa.
Le débouché premier de l'industrie allemande, l'export, devrait certes reprendre du poil de la bête en 2010 alors que l'économie mondiale repart. La fédération des industriels, BDI, attend une croissance des exportations de 4 % cette année. Mais « à ce rythme », nettement inférieur à celui d'avant 2009, « le niveau d'avant la crise ne sera pas atteint avant 2014 », constate le président du BDI, Hans-Peter Keitel.
Du côté de la consommation domestique, le tableau n'est pas très reluisant non plus. Relativement épargnés par le chômage l'an dernier, les Allemands ont gardé le moral et continué à faire des emplettes, ne faisant chuter les ventes de détail (hors automobile) que de 2 %, selon un chiffre provisoire publié lui aussi hier.
Mais vers la fin de l'année, l'optimisme des Allemands a pris un coup, selon les derniers indicateurs de moral des consommateurs, et leur propension à acheter s'en est ressentie. La baisse des ventes de détail en novembre annoncée hier, de 1,1 % sur un mois, est « un revers », commente Carsten Brzeski, de la banque ING, et « réduit l'espoir d'une demande domestique qui soutiendrait la reprise ».
La grande inconnue de 2010, c'est le chômage, dont dépendra largement le dynamisme de la consommation. Les estimations varient entre 3,6 millions et 4 millions de chômeurs cette année, contre 3,3 millions à fin décembre. Certains scénarios voient un pic du nombre de sans-emploi à l'été, puis une normalisation, d'autres un marché du travail en crise encore jusqu'à 2011.
Commandes industrielles décevantes, ventes de détail en berne : après quelques mois d'embellie, la dynamique de sortie de crise de l'économie allemande se grippe déjà, et les scénarios 2010 pour la première économie européenne sont de moins en moins optimistes.Pendant quelques mois, à l'été dernier, l'Allemagne a pu se croire tirée d'affaire, devant une déferlante d'indicateurs macroéconomiques au vert. Finalement, il s'avère qu'après 2009, 2010 sera sans doute aussi l'année de la crise, deuxième épisode.Certes, l'économie devrait croître. Après une contraction du produit intérieur brut (PIB) de près de 5 % l'an dernier, d'un simple point de vue...
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