Le Soudan, plus grand pays d'Afrique gorgé de ressources pétrolières, pourrait imploser dans un an à l'issue d'un référendum-clé sur la sécession du sud du pays qui vit toujours dans la crainte d'un retour à la guerre civile. Un accord de paix avait mis fin en janvier 2005 à deux décennies d'une guerre civile à l'origine de deux millions de morts entre le Nord, majoritairement musulman, et le Sud, en grande partie chrétien. Or cinq ans presque jour pour jour après la fin de cette guerre sanguinaire, les relations demeurent tendues entre le Nord et le Sud, endeuillé par une vague de violences entre tribus rivales. Des combats entre des membres des tribus Dinka et Nuer ont fait au moins 140 morts depuis le début de l'année 2010, a indiqué hier un haut responsable de l'ONU au Sud-Soudan. L'accord de paix Nord-Sud prévoit la tenue, en avril prochain, des premières élections multipartites depuis 1986 et un référendum en janvier 2011 sur l'indépendance du Sud-Soudan, deux événements qui pourraient fournir le prétexte à de nouvelles flambées de violence, redoutent dix ONG, dont Oxfam, dans un rapport publié hier.
« L'année 2010 est peut-être la dernière année du Soudan », soulignait récemment sur son blog l'analyste réputé Alex de Waal. « Il est certain que 2010 sera une année critique pour assurer un avenir pacifique au Soudan », remarquait de son côté l'envoyé spécial des États-Unis, Scott Gration.
Le Parlement soudanais a adopté fin décembre une nouvelle loi encadrant la tenue en janvier 2011 du référendum sur l'indépendance du sud-Soudan, qui sera reconnue si une majorité simple (50 % + une voix) vote « oui » à la sécession, avec une participation de 60 % des électeurs inscrits. Mais avant un référendum, le Nord et le Sud doivent s'entendre sur des questions cruciales comme la démarcation des frontières, le statut des Sudistes vivant au Nord, la répartition de la dette nationale. Sinon ce pourrait être la guerre, a prévenu cette semaine un conseiller du président Omar al-Bachir, Ghazi Salaheddine, dans des entretiens à la presse locale.
Des hommes politiques soudanais envisagent une séparation à l'amiable entre le Nord et le Sud si l'option indépendantiste remportait le référendum. Mais le spectre d'une guerre civile hante toujours les esprits dans un pays qui panse encore ses plaies du conflit Nord-Sud et qui est le théâtre depuis 2003 d'une guerre civile dans la région occidentale du Darfour.
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