Une foule de silhouettes errantes tout en courbes et arabesques...
En effet, à part quelques bronzes - matériau dense, propice à l'intensité dramatique -, la majorité des silhouettes en fer émaillé et aux couleurs vives (rouge, jaune, bleu, mauve ou blanc) forme plutôt une assemblée allègre de personnages tout en courbes et arabesques.
De grande et moyenne dimension ou en petit format, ces femmes, ces hommes, ces mères berçant leur enfant, ces pères portant leurs fils sur leurs épaules, ces lectrices, ces danseurs, ces odalisques décontractées forment une foule bigarrée qui induit une forte impression de mouvement. De là à parler d'errance...il faut revenir à la technique ! À ces plaques de métal découpées au laser, pour obtenir les silhouettes tordues, pliées et, dans le cas des duos, soudées.
Cette technique, qui joue sur les pleins et les vides (la plaque découpée), le positif et le négatif, l'ombre et la lumière, l'émaillé et le fer brut rouillé (toujours la plaque incisée), s'accorde au concept développé par Gulène Torossian Der Boghossian pour cette exposition, dont l'objectif est de « réunir ceux qui sont partis sous d'autres latitudes pour fuir la guerre et rechercher la paix - d'où les vides laissés par leurs départs - et ceux qui sont restés pour construire la paix », dit-elle.
Il s'agit, en d'autres termes, d'une réflexion sur la mémoire de la guerre, exprimée sur plaques de fer par une artiste qui traduit tout simplement une expérience vécue.
Reste que cette exposition s'appréhende sur les deux modes : aussi bien celui de l'approche conceptuelle que de la vision au premier degré !
Jusqu'au 16 janvier.
* Galerie Pièce unique, rue Ariss Kanafani, Saifi Village. Horaires d'ouverture : de 11h00 à 18h00. Tél. : 01/975655.

