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Le renseignement américain accusé d'amateurisme en Afghanistan

Les services de renseignement américains en Afghanistan ignorent les réalités locales et font preuve d'un manque de curiosité qui les pousse à lire dans le marc de café plutôt qu'à mener des enquêtes approfondies, dénonce un haut gradé américain.

Dans un document accablant, le général Michael Flynn, chef du renseignement militaire en Afghanistan, appelle à réformer radicalement "un appareil de renseignement toujours incapable de trouver des réponses à des questions fondamentales sur l'environnement dans lequel nous évoluons et sur les gens que nous essayons de protéger et de convaincre" de collaborer.

"Le problème est que ces analystes (...) n'obtiennent pas du terrain les informations dont ils ont besoin pour se nourrir, à tel point que plusieurs estiment que leur travail revient plus à dire la bonne aventure qu'à mener des enquêtes sérieuses", note-t-il.

Les raisons de ces manquements sont avant tout "culturelles et humaines", souligne M. Flynn dans ce rapport publié lundi sur le site du Center for a New American Security, un groupe de réflexion de Washington.

Ce rapport surgit alors que la CIA a subi un revers majeur le 30 décembre en Afghanistan, où sept de ses employés ont péri dans un attentat suicide perpetré par un agent double jordanien à la solde d'Al-Qaïda.

Toutefois, un responsable du renseignement américain a souligné à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, que "ce rapport porte sur le renseignement militaire" travaillant directement sous l'autorité du Pentagone, et non sur la CIA.

Alors que le président Barack Obama réunit mardi les responsables du renseignement américain pour explorer les carences selon lui "inacceptables" qui ont conduit à ne pas détecter l'attentat manqué contre un avion le 25 décembre, le général Flynn dresse un portrait au vitriol des agents du renseignement déployés sur le sol afghan.

Ces derniers "ignorent tout de l'économie locale et des propriétaires fonciers", ont une idée "vague de l'identité des vrais chefs et de la manière de les influencer" et "se tiennent éloignés des gens les mieux placés pour obtenir les réponses", accuse-t-il dans cette étude co-signée par un de ses conseillers, le capitaine Matt Pottinger, et Paul Batchelor, de l'Agence américaine de renseignement militaire (DIA).

Dès lors, les analystes du renseignement ne peuvent qu'"hausser les épaules lorsque leur hiérarchie leur demande des informations et des analyses nécessaires à un combat efficace contre la rébellion".

Le chef du renseignement américain (DNI) chapeautant tous les services secrets du pays, Dennis Blair, avait déjà affirmé en mars que les Etats-Unis devaient renforcer leur capacité de renseignement en Afghanistan, en particulier sur les pouvoirs locaux, et avait déploré que Washington en sache "beaucoup plus sur l'Irak que sur l'Afghanistan".

Les conclusions du général Flynn sont d'autant plus dérangeantes qu'elles interviennent au moment où les Etats-Unis sont en train d'augmenter massivement leur présence militaire en Afghanistan, pour tenter de regagner du terrain face à une insurrection montée en puissance ces dernières années.

Les services de renseignement américains en Afghanistan ignorent les réalités locales et font preuve d'un manque de curiosité qui les pousse à lire dans le marc de café plutôt qu'à mener des enquêtes approfondies, dénonce un haut gradé américain.
Dans un document accablant, le général Michael Flynn, chef du renseignement militaire en Afghanistan, appelle à réformer radicalement "un appareil de renseignement toujours incapable de trouver des réponses à des questions fondamentales sur l'environnement dans lequel nous évoluons et sur les gens que nous essayons de protéger et de convaincre" de collaborer.
"Le problème est que ces analystes (...) n'obtiennent pas du terrain les informations dont ils...