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Moyen Orient et Monde - Afrique Du Sud

Zuma s’attaque à la corruption pour apaiser les townships

Le président a licencié plusieurs maires et conseillers municipaux, lancé une plate-forme téléphonique gratuite pour recueillir les réclamations des citoyens mécontents...

Confronté à de violentes manifestations dans les townships sud-africains, le président Jacob Zuma s'est attaqué de front, depuis son élection en mai, aux problèmes de corruption à l'échelon local dans l'espoir d'améliorer les services publics. Au cours des six derniers mois, il a licencié plusieurs maires et conseillers municipaux, lancé une plate-forme téléphonique gratuite pour recueillir les réclamations des citoyens mécontents et effectué des visites surprises dans les administrations défaillantes.
« Après les manifestations pour de meilleurs services publics, il y a eu une réaction rapide du gouvernement et de l'ANC » (Congrès national africain au pouvoir), décrit l'analyste politique Dirk Kotze de l'Université d'Afrique du Sud. Les habitants des townships, frustrés par le manque de progrès quinze ans après la fin de l'apartheid, attendaient un changement rapide après l'élection de Jacob Zuma, qui s'est positionné comme le champion des pauvres durant la campagne électorale.
Quelques semaines plus tard éclatait la frustration de milliers de laissés-pour-compte de la croissance en Afrique du Sud, pays aux inégalités criantes avec 43 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Les manifestants s'en sont pris violemment aux autorités locales, les accusant de corruption et d'inefficacité. Ils réclamaient de l'eau potable, des transports publics ou encore la construction de maisons, écoles et centres de soins.
Le président Zuma s'est alors personnellement investi, jouant la carte de la proximité tout en condamnant les violences. Il a organisé une rencontre avec 300 maires et s'est rendu dans plusieurs townships comme celui de Balfour, près de Johannesburg.
De nombreux habitants y avaient dressé en août des barricades et chassé des étrangers pour protester contre le manque de services publics. Ce fils de domestique a reconnu qu'il existait des dysfonctionnements au niveau des équipes municipales. « La direction financière (des mairies) est faible, ce qui résulte souvent en des dépenses irrégulières et de la corruption », a-t-il dit en octobre.
Ce changement de ton et d'attitude tranche avec celui de son ancien rival, Thabo Mbeki, président de 1999 à 2008. « Contrairement au gouvernement Mbeki, la nouvelle équipe ne nie pas les problèmes et tente de les résoudre. Le gouvernement sait qu'il y a un problème (au niveau local) avec des dirigeants faibles et des soucis financiers », affirme l'expert politique Dirk Kotze.
Même s'il est encore trop tôt pour voir des résultats concrets, les premières mesures prises par le gouvernement Zuma montrent une volonté de « tolérance zéro » avec le renvoi de responsables de Pretoria ou de la communauté d'agglomérations de Nelson Mandela Bay, qui englobe Port Elizabeth (Sud). Le gouvernement a même pris pour un an les commandes de la ville de Standerton (Est), après avoir remercié l'équipe municipale suite à plusieurs semaines de protestations.
Le ministère de l'Intérieur a pour sa part limogé des dizaines de fonctionnaires qui falsifiaient des certificats de naissance.
Mais il s'agit d'une goutte d'eau dans l'océan. Selon un audit lancé en juillet, seules 56 des 253 municipalités sud-africaines sont en bonne santé financière.
« À mon avis, c'est suffisant pour conclure qu'il y a une crise au sein des autorités locales et elle doit être rapidement réglée », a commenté le ministre des Collectivités locales, Sicelo Shiceka.
Confronté à de violentes manifestations dans les townships sud-africains, le président Jacob Zuma s'est attaqué de front, depuis son élection en mai, aux problèmes de corruption à l'échelon local dans l'espoir d'améliorer les services publics. Au cours des six derniers mois, il a licencié plusieurs maires et conseillers municipaux, lancé une plate-forme téléphonique gratuite pour recueillir les réclamations des citoyens mécontents et effectué des visites surprises dans les administrations défaillantes.« Après les manifestations pour de meilleurs services publics, il y a eu une réaction rapide du gouvernement et de l'ANC » (Congrès national africain au pouvoir), décrit...
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