Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Iran

Confusion autour du sort de Moussavi et de Karoubi

Informations contradictoires sur le sort de Moussavi et Karoubi, qui auraient, selon les agences de presse officielles, quitté Téhéran par peur de poursuites judiciaires.

Hier, des centaines de milliers de personnes, des millions selon les médias officiels, ont manifesté leur soutien au pouvoir, à travers l’Iran. Morteza Nikoubazi/Reuters

Des centaines de milliers de personnes, des millions selon les médias officiels, se sont rassemblées hier dans tout l'Iran à l'appel des autorités pour soutenir le régime et dénoncer les chefs de l'opposition, menacés de poursuites judiciaires. En soirée, le sort de deux d'entre eux, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, était incertain, des informations contradictoires circulant sur leur éventuel départ de Téhéran.
Des dizaines de manifestations en province ont rassemblé des foules importantes dénonçant « les hypocrites séditieux » et réclamant parfois leur « pendaison », selon des images de la télévision iranienne. À Téhéran, des centaines de milliers de personnes ont participé à plusieurs cortèges pour dénoncer le « complot » visant à « renverser le régime islamique », selon un communiqué officiel. Ces rassemblements répondaient aux manifestations de l'opposition dimanche, les plus importantes depuis celles qui avaient suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin. Les affrontements avec les forces de sécurité ont fait au moins huit morts, des centaines de blessés et des centaines d'arrestations, selon les autorités. Hier, les contre-manifestants ont partout alterné des slogans favorables au régime et au guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et hostiles à l'opposition promise à « l'anéantissement ». À Téhéran, ils s'en sont pris surtout à l'ancien Premier ministre Moussavi. « Mort à Moussavi », « Moussavi est un criminel, il doit être jugé », scandaient les manifestants qui brandissaient des drapeaux iraniens. Les slogans visaient également M. Karoubi, ancien président réformateur du Parlement, et l'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani.
Dans la soirée, l'agence officielle IRNA a rapporté que MM. Moussavi et Karoubi avaient « quitté Téhéran pour le nord de l'Iran après avoir constaté une montée de la colère du peuple qui exige de les punir ». Mais le fils de M. Karoubi, Hossein, a démenti que son père se trouve dans le Nord, déclarant sur le site Internet du parti politique de ce dernier, Sahamnews, l'avoir vu à Téhéran « à 21h00 ». « Certains essaient de créer un climat de peur et de terreur (...) en diffusant des informations sur l'arrestation ou l'exil (de mon père) pour faire pression contre lui », a-t-il lancé. Le site d'opposition Rahesabz a affirmé pour sa part que les deux hommes avaient été conduits à Kelar-Abad (Nord) par les gardiens de la révolution et des membres du ministère des Renseignements avant de démentir l'information, tirée du fil confidentiel d'IRNA réservé aux services gouvernementaux.
Le procureur général iranien, Gholamhossein Mohseni Ejeie, cité par un député conservateur, a annoncé hier au Parlement réuni à huis clos que des « poursuites » avaient été engagées contre MM. Moussavi et Karoubi et « d'autres chefs de la sédition » non identifiés. Il n'a toutefois « pas parlé d'arrestation », alors que les députés réclamaient une telle mesure, selon la même source.
Fort de la mobilisation populaire d'hier, le président Ahmadinejad a de nouveau critiqué les dirigeants occidentaux qui avaient dénoncé la répression de l'opposition. « Je conseille à M. Obama et à certains dirigeants européens d'apprendre les leçons de leurs prédécesseurs, et de ne pas croire qu'ils peuvent diviser le peuple iranien en faisant du tapage », a-t-il déclaré à la télévision. Toutefois, les condamnations internationales se poursuivaient hier, dont celle de la haut-commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, alors que 300 personnes arrêtées étaient toujours détenues. La haut-commissaire Navi Pillay s'est déclarée « choquée », appelant le gouvernement iranien à faire cesser « les violences excessives des forces de sécurité ». Depuis lundi, les États-Unis, l'UE et de nombreuses capitales européennes, la Russie ou encore le Canada ont condamné fermement la répression des manifestations en Iran, dimanche, et les arrestations d'opposants.
Des centaines de milliers de personnes, des millions selon les médias officiels, se sont rassemblées hier dans tout l'Iran à l'appel des autorités pour soutenir le régime et dénoncer les chefs de l'opposition, menacés de poursuites judiciaires. En soirée, le sort de deux d'entre eux, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, était incertain, des informations contradictoires circulant sur leur éventuel départ de Téhéran.Des dizaines de manifestations en province ont rassemblé des foules importantes dénonçant « les hypocrites séditieux » et réclamant parfois leur « pendaison », selon des images de la télévision iranienne. À Téhéran, des...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut