Les arrestations d'opposants, incluant la soeur du prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi, se sont poursuivies mardi en Iran, tandis que les autorités ont appelé à des contre-manifestations mercredi dans tout le pays.
La participation massive de la population à ces rassemblements va "humilier" ceux qui ont critiqué la répression des manifestations de dimanche, a affirmé le président Mahmoud Ahmadinejad. Il a qualifié ces manifestations de "scénario américano-sioniste" et s'en est pris aux dirigeants américains et britanniques.
"Ils vont voir que le peuple iranien, en se mobilisant sur le terrain, va les déshonorer une nouvelle fois", a déclaré M. Ahmadinejad cité par l'agence Irna.
Téhéran a également accusé la Grande-Bretagne d'ingérence dans les affaires intérieures iraniennes, et convoqué l'ambassadeur britannique. Ce dernier a répété les déclarations du chef de la diplomatie britannique David Miliband selon lequel "le gouvernement iranien doit respecter les droits de l'Homme de ses propres citoyens", a précisé le Foreign Office.
Les autorités ont poursuivi mardi les arrestations d'opposants au président Ahmadinejad, visant notamment journalistes et militants des droits de l'homme mais aussi la soeur de Mme Ebadi.
La prix Nobel, qui vit en exil et est très critique à l'égard du gouvernement iranien, a estimé dans un communiqué qu'il s'agissait d'une tentative de pression contre elle car sa soeur "n'avait aucune activité politique".
Le site Rahesabz, principal forum de l'opposition réformatrice, a annoncé sept nouvelles arrestations de journalistes, dont deux dirigeants de l'Association des journalistes iraniens, Mashallah Shamsolvaezine et Badrolsadat Mofidi.
La police a aussi arrêté la militante des droits des femmes Mansoureh Shojaie, ainsi que Chapour Kazemi, beau-frère de l'opposant Mir Hossein Moussavi, selon Rahesabz.
Lundi, les autorités avaient arrêté au moins une quinzaine de journalistes, défenseurs des droits de l'homme ou personnalités proches des dirigeants de l'opposition.
La France a dénoncé mardi ces arrestations, appelant à la libération de "toutes les personnes injustement détenues".
Les chefs de l'opposition, contre lesquels plusieurs hauts responsables du régime ont demandé des sanctions judiciaires exemplaires, ont aussi reçu un nouvel avertissement.
Le président du Parlement Ali Larijani leur a enjoint de se séparer du mouvement "pernicieux" qui conteste la réélection de M. Ahmadinejad en juin, et de s'abstenir à l'avenir de toute critique.
Le pouvoir se concentre sur deux dirigeants de l'opposition, M. Moussavi, un ancien Premier ministre, et l'ancien président du Parlement Mehdi Karoubi.
Leur entourage a été particulièrement visé par les arrestations des derniers jours, et M. Karoubi a été attaqué lundi soir à Téhéran par des inconnus en civil qui ont brisé les vitres de sa voiture, un incident identique à celui vécu la semaine dernière par M. Moussavi.
Les manifestations de dimanche à Téhéran et dans plusieurs grandes villes iraniennes, qui ont fait huit morts et des centaines de blessés et d'arrestations, sont les plus importantes et les plus violentes depuis celles qui avaient suivi en juin la réélection du président Ahmadinejad.
Pour y répondre, les autorités ont organisé mardi des manifestations dans plusieurs villes du pays dénonçant les "insultes" contre les valeurs religieuses. La télévision a montré des milliers de manifestants à Tabriz, Ispahan ou encore Machhad.
Les autorités ont annoncé de nouveaux rassemblements de population mercredi dans tout l'Iran "contre ceux qui n'ont pas respecté les valeurs de l'Achoura", allusion à l'opposition qui a profité de cette journée de deuil religieux chiite pour organiser ses manifestations.
La participation massive de la population à ces rassemblements va "humilier" ceux qui ont critiqué la répression des manifestations de dimanche, a affirmé le président Mahmoud Ahmadinejad. Il a qualifié ces manifestations de "scénario américano-sioniste" et s'en est pris aux dirigeants américains et britanniques.
"Ils vont voir que le peuple iranien, en se mobilisant sur le terrain, va les déshonorer une nouvelle fois", a déclaré M. Ahmadinejad cité par l'agence Irna.
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