Gilad Shalit était apparu dans une vidéo remise à l’État hébreu par le Hamas et diffusée par Israël le 2 octobre dernier. Il y implorait pour sa vie. Photo AFP
M. Netanyahu avait reçu les parents du jeune soldat à la mi-journée. « Je ne suis ni optimiste ni pessimiste, mais j'espère que la décision sera prise aujourd'hui ou demain matin », a déclaré Noam Shalit, le père de Gilad, à l'issue de l'entretien. « J'espère que chaque ministre est conscient du fait que son choix va décider si Gilad vivra ou non », a dit de son côté la mère du jeune homme, Aviva, avant la rencontre. Dimanche, dans un appel émouvant, le couple avait imploré le Premier ministre de « sauver » leur fils en acceptant de conclure un accord avec le Hamas. La famille Shalit s'est installée devant le bureau du Premier ministre pour attendre les résultats des délibérations du cabinet.
Selon la radio publique, trois ministres, dont Ehud Barak (Défense), sont d'accord pour qu'Israël relâche des centaines de détenus qui seront autorisés à regagner leurs foyers, y compris en Cisjordanie occupée, comme l'exige le Hamas. Trois autres ministres, dont le nationaliste Avigdor Lieberman (Affaires étrangères), sont opposés à cette option. Les hauts gradés conviés à ces réunions sont tout aussi divisés, selon la radio : le chef d'état-major Gaby Ashkenazi est pour, mais le patron du service de Sécurité intérieure, Youval Diskin, est contre. M. Netanyahu, qui a un poids déterminant dans le choix, s'est jusqu'à présent prononcé contre une telle libération compte tenu du risque, selon lui, que des prisonniers condamnés pour avoir organisé des attentats-suicide ne lancent de nouvelles opérations meurtrières après leur élargissement.
Rumeurs et informations contradictoires se sont multipliées ces dernières semaines sur l'imminence d'un accord. Israël et le Hamas mènent des négociations indirectes, parrainées par l'Égypte avec l'aide d'un médiateur allemand. Le sergent Gilad Shalit, 23 ans, qui a également la nationalité française, a été capturé le 25 juin 2006 à la lisière de la bande de Gaza par un commando palestinien. Il est, depuis, aux mains du Hamas qui contrôle la bande de Gaza.
La presse israélienne, plutôt favorable à un échange de prisonniers, estime que cette affaire constitue un test majeur quant aux capacités de M. Netanyahu à diriger le pays. Elle relève que le Premier ministre de droite, déjà accusé dans le passé d'indécision, se retrouve confronté aux pressions contradictoires d'une part de l'opinion publique, sensible au drame de la famille Shalit, et de l'autre de son propre camp politique ou de chefs des services de sécurité opposés à un accord qui renforcerait le Hamas. Des parents de victimes d'attentats palestiniens opposés à l'échange ont également déposé hier une lettre au Premier ministre dans laquelle ils dénoncent « ce processus de capitulation face au terrorisme qui conduira à une grave atteinte à la sécurité d'Israël ».


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