Hier, la Maison-Blanche a toutefois affirmé vouloir toujours conclure un accord avec la Russie « d'ici à la fin de l'année » pour remplacer Start 1, traité de réduction des armes stratégiques conclu en 1991, à la fin de la guerre froide, et arrivé à échéance le 5 décembre. « Les présidents russe et américain, Dmitri Medvedev et Barack Obama, ont donné des instructions à leurs délégations pour qu'elles travaillent intensément afin de parvenir à un accord succédant à Start, et nous enregistrons des progrès », a dit le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, Michael Hammer. MM. Obama et Medvedev avaient pourtant chargé leurs délégations qui négocient depuis plus de six mois de trouver un nouvel accord avant la date butoir, mais les négociations se sont avérées plus difficiles que prévu. Lors du sommet Obama-Medvedev en juillet à Moscou, deux objectifs ont été fixés : abaisser dans une fourchette de 1 500 à 1 675 le nombre de têtes nucléaires (contre 2 200 actuellement) et de 500 à 1 100 le nombre de vecteurs.
« Il y a une telle quantité de détails à régler qu'il est matériellement impossible de conclure un accord avant la fin de l'année », a dit un responsable russe. Le traité sera signé « selon toute vraisemblance en janvier », avance cette source non identifiée.
Alors que la Russie accuse les États-Unis, des experts affirment que c'est Moscou qui aurait délibérément fait traîner les pourparlers. « S'il y avait une volonté politique, l'accord pourrait être signé à n'importe quel moment », a déclaré à l'AFP l'analyste indépendant Alexandre Golts. « Pour la Russie, il est important que ces négociations s'éternisent », dit-il.
Selon une source diplomatique citée par l'édition russe de Newsweek, M. Medvedev souhaitait qu'un nouveau traité soit conclu avant l'échéance du 5 décembre, mais son puissant Premier ministre, Vladimir Poutine, l'a convaincu de « ne pas se presser ». Les États-Unis auraient insisté pour que la signature d'un nouvel accord intervienne avant la remise du prix Nobel de la paix à Barack Obama le 10 décembre à Oslo, selon Newsweek. Mais « c'était une erreur tactique », a confié au magazine un diplomate de haut rang, car « à Moscou, cette sollicitation a été considérée comme une manifestation de faiblesse : cela voulait dire qu'Obama avait besoin de quelque chose, qu'on pouvait donc faire pression sur lui et obtenir des concessions ».

