Nicolas Sarkozy voulait « mettre à profit » la nuit d’hier à Copenhague pour préparer un accord au niveau des chefs d’État. AFP photo / POOL / REA / Ludovic
« On court à la catastrophe », a lancé à la tribune le président français Nicolas Sarkozy. « Il reste moins de 24 heures, si on continue comme ça, c'est l'échec », a-t-il averti. Il a appelé chacun au compromis, notamment les pays industrialisés, dont l'Europe, qui doivent « reconnaître que dans la pollution de la planète, (leur) responsabilité est plus lourde et plus grave que les autres, et que donc (leurs) engagements doivent être plus forts ». « Les États-Unis, première puissance du monde, devront aller au-delà des engagements qu'ils ont annoncés ». Quant à la Chine, elle « ne peut pas considérer que la transparence des efforts de chacun soit une remise en cause de la souveraineté de chacun ». Il a enfin plaidé pour un véritable soutien aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables au changement climatique, jugeant nécessaire le versement d'une aide immédiate de 10 milliards de dollars pour les trois prochaines années et de 100 milliards à partir de 2020. « Mais je le dis à nos amis africains : si nous n'avons pas d'accord, vous serez les premières victimes », a souligné le chef de l'État français
Depuis dix jours, les pourparlers coincent sur la répartition des efforts, tant financiers qu'en termes d'engagements sur les réductions des émissions de gaz à effet de serre. L'affrontement oppose notamment les États-Unis et la Chine, tandis que les pays en développement soupçonnent en permanence les « grands » de vouloir les marginaliser.
Se disant « préoccupée par l'absence de progrès », l'Union européenne a semblé renvoyer les deux plus grands pollueurs de la planète dos à dos en appelant chacun à aller « de toute urgence jusqu'à l'extrême limite de leur flexibilité ». Et Bruxelles, comme le président français, a demandé une réunion extraordinaire hier soir, qui fait craindre à l'ONU de nouveaux incidents avec les pays qui ne seraient pas conviés.



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