Le Bayern a ainsi généré un chiffre d'affaires de 268,7 millions d'euros. Son bénéfice après impôts est passé de 2,1 millions d'euros à 2,5 millions d'euros, ses liquidités propres se montant à 33,7 millions d'euros, ce qui permet à ses dirigeants de clamer que leur club « n'a pas d'équivalent en Europe sur le plan économique ».
« Nous sommes indépendants financièrement, quel autre club de haut niveau peut le revendiquer ? » a souligné Uli Hoeness, nouveau président du Bayern, et grand artisan de la réussite économique du club.
Durant l'exercice 2008-09, le club bavarois a récolté 95,2 millions d'euros en primes de participation aux différentes compétitions, 73 millions d'euros grâce à ses sponsors et partenaires, 37,1 millions d'euros en produits dérivés et 35 millions d'euros au titre du partage des droits TV.
Habituellement timoré sur le marché des transferts, le football français a déchiré les cordons de sa bourse cet été : 12 millions d'euros pour Stéphane Mbia, 15 pour Aly Cissokho, 18 pour Bastos et Lucho Gonzalez, 24 pour Lissandro Lopez.
Droits télé, bouclier anticrise
La raison ? Les finances du football français dépendent des droits TV, qui ont été portés à 668 millions d'euros contre 653 précédemment. Ce modèle économique français télédépendant, qui peut paraître fragile, est en réalité un bouclier anticrise : le foot est moins dépendant du sponsoring que le basket-ball ou le rugby par exemple. Et ces droits télé ont assuré la visibilité financière pour la période 2008-12. Seul nuage dans le ciel du football français : le DIC (droit à l'image collective). Initialement en place jusqu'en 2012, ce dispositif d'exonération de charges sociales pour les clubs bénéficiant par ricochet aux sportifs doit être supprimé à partir du 30 juin 2010.
Et que dire du recrutement du Real Madrid où Florentino Perez a repris la main ? Le club madrilène a notamment déboursé 250 millions d'euros, dont 158 millions pour deux joueurs : Kaka (65 millions d'euros) et Cristiano Ronaldo (environ 93 millions d'euros).
Mais le montage financier du Real, basé sur des emprunts, apparaît plus dangereux. Le Real sera obligé de compiler les titres pour rentrer dans ses frais à l'avenir.
Fini le « debt is good »
Et l'UEFA compte bien mettre un terme à la folie du crédit.
Le 15 septembre, l'instance dirigeante du football européen a adopté le principe du contrôle de gestion, soit la fin de la victoire à crédit : si un club ne présente pas un bilan équilibré sur trois ans, s'il est endetté, il pourrait être exclu de la Ligue des champions.
C'est une révolution. Si de tels critères avaient existé dans le passé, des clubs endettés comme Manchester United, l'Inter Milan, Chelsea ou Liverpool n'auraient pu participer à la Ligue des champions.
Il y a quelques années, les clubs anglais auraient hurlé au complot, au sabotage. Mais la crise s'est traduite par des turbulences pour la Premier League. Longtemps réfractaire à toute mesure coercitive, le championnat anglais s'est résigné, le même jour que l'UEFA imposait son « fair-play financier », à un contrôle de gestion ses clubs, qui pourraient être interdits de recrutement en cas de situation financière périlleuse.
Le sacro-saint principe du « debt is good » (la dette, c'est bien) est ainsi mis à mal en Angleterre. Et pour cause. Liverpool a dû reporter sine die la construction de son nouveau stade. Selon la presse britannique, Manchester United peine à refinancer sa dette gigantesque de quelque 770 millions d'euros.
Mais la Premier League a obtenu de la banque Barclays qu'elle revoie à la hausse son contrat pour rester le principal sponsor du football anglais, pour un montant global de 90 millions d'euros jusqu'en 2013.

