C’est la troisième intervention d’Abou Dhabi depuis le début des problèmes financiers de Dubaï, touché de plein fouet par la crise économique mondiale, en février dernier.
L'annonce a calmé les créanciers qui refusaient un rééchelonnement de la dette du conglomérat public Dubai World, dont Nakheel est une filiale, ce qui aurait placé la compagnie en défaut de paiement.
« Abou Dhabi ne gère pas une agence d'investissements philanthropique », affirme John Sfakianakis, chef économiste du groupe BSF-Crédit Agricole basé à Riyad. « Dubaï sera forcé de céder une partie de son autonomie à Abou Dhabi, qui sera probablement fortement impliqué dans le processus de restructuration de Dubai World et qui pourrait vouloir une part des avoirs les plus importants de Dubaï », a-t-il ajouté dans un rapport.
Selon Sfakianakis, Abou Dhabi, l'émirat le plus riche de la Fédération des Émirats arabes unis, devrait aussi marquer des points sur le plan politique en ramenant son voisin dans la ligne de la politique fédérale dominée par Abou Dhabi, notamment pour ce qui est de la diplomatie et des droits de douane.
« Une influence plus grande d'Abou Dhabi sur Dubaï va sûrement se répercuter dans le domaine de la politique étrangère, où des différences existent sur certaines questions cruciales comme les relations avec l'Iran », a-t-il encore dit, soulignant que l'Iran est le premier partenaire commercial de Dubaï qui accueille quelque 350 000 Iraniens.
Les Émirats sont en conflit avec l'Iran au sujet de trois îles du Golfe.
C'est la troisième intervention d'Abou Dhabi depuis le début des problèmes financiers de Dubaï, touché de plein fouet par la crise économique mondiale, en février dernier.
Pour faire face aux échéances de ses firmes, Dubaï avait émis des bons du Trésor pour un montant de 20 milliards de dollars, dont la moitié a été souscrite en février par la Banque centrale des Émirats arabes unis. Le 25 novembre, deux banques d'Abou Dhabi avaient souscrit 5 milliards de dollars.
La dette publique de Dubaï est estimée à quelque 100 milliards de dollars par l'agence de notation Moody's.
Mais, à en croire un homme d'affaires de premier plan de Dubaï, l'aide offerte par Abou Dhabi n'est pas nécessairement assortie de conditions.
« Dans la culture émiratie, quand votre frère est en difficulté, vous l'aidez », dit-il à l'AFP, en demandant l'anonymat.
« Les Émiratis font corps lorsqu'ils se sentent assiégés », ajoute-t-il, affirmant que Dubaï a fait l'objet d'une campagne médiatique occidentale qui a « exagéré le problème de la dette ».
« Dubaï a placé les Émirats sur la carte mondiale. Il a apporté la prospérité à toute la nation (...) alors qu'au cours des dix dernières années, il n'a pas coûté un centime », au budget fédéral, a-t-il encore dit.
La banque d'investissements EFG-Hermes estime pour sa part que l'initiative d'Abou Dhabi pourrait avoir été provoquée par la réaction sévère des investisseurs et des agences de notation, qui a également affecté les compagnies d'Abou Dhabi.
« Les gouvernements de Dubaï et d'Abou Dhabi ont sous-estimé l'importance et la sévérité de la réaction des marchés », affirme dans un communiqué Iqbal Fahd, vice-président chargé des recherches à la banque.
« Le plus important, peut-être, est que cela a mené à une rétrogradation de la notation des compagnies publiques de Dubaï et d'Abou Dhabi, ce qui a eu des répercussions négatives », a-t-il dit.

