Le mois de décembre, saison des fêtes par excellence, devrait normalement connaître une confirmation de cette reprise touristique du Liban.
Ce mois est habituellement synonyme d'embouteillages, mais surtout de retours au pays, flux touristiques, et consommations de biens et services en tout genre. En conséquent, L'Orient-Le Jour est allé enquêter du côté des professionnels du tourisme et faiseurs de soirées festives justement. Le mot d'ordre est le même chez tout le monde : la stabilité politique et sécuritaire a débouché sur la meilleure année touristique que le Liban ait connue depuis longtemps.
Des réservations pleines depuis plusieurs semaines déjà
La directrice générale de l'hôtel Albergo, Relais et Châteaux, Jihane Khairallah, le confirme : « L'année 2009 a été la meilleure année depuis que l'hôtel a ouvert ses portes en 1998. » « Cette condition s'explique par les accords de Doha qui ont conduit à une stabilité politique qui a permis de redonner confiance aux touristes et de les convaincre d'opter pour la destination libanaise », a-t-elle expliqué.
De plus, la crise financière ainsi que la montée de l'euro face au dollar a découragé une bonne partie des touristes du Golfe (de se rendre en Occident), de sorte à ce que le Liban soit devenu une destination plus prisée au détriment de la zone euro », précise la directrice, dont l'établissement affiche un taux d'occupation de 100 % du 22 décembre au 4 janvier prochain, tout comme il n'avait eu aucune chambre vide aux alentours de la fête de l'Adha.
À l'InterContinental Phoenicia, où les chambres et les restaurants sont déjà réservés pour la période de Noël et du Nouvel An, la tendance est au beau fixe. La directrice des relations publiques et de la communication, Michelle Richani, constate que « c'est la deuxième année consécutive où les chambres autant que les restaurants sont archipleins et c'est le cas pour tous les hôtels de la ville. L'élan de l'hôtellerie est sans cesse renouvelé à condition que la situation sécuritaire ne se dégrade pas », a-t-elle indiqué.
Les nouveaux hôtels sont également prisés pour la période des fêtes et ne dérogent pas à cette tendance. Récemment arrivé sur le marché hôtelier, le Gray se targue d'être situé au centre-ville de Beyrouth. Selon une des responsables des relations publiques, qui a préféré garder l'anonymat, « la période de l'Adha a été très favorable et nous avons beaucoup de réservations pour la période de Noël et du Nouvel An. Plusieurs programmes sont prévus pour ces deux soirées et les chambres ainsi que les différents bars et restaurants seront pleins pour la période à venir », a-t-elle expliqué.
En dehors de Beyrouth, Faraya et ses environs espèrent aussi attirer leur part de la clientèle. Ainsi, l'hôtel Mzaar a prévu plusieurs soirées dans ses différents restaurants, explique Joanna Zarifé, responsable marketing à l'hôtel.
Boîtes, restaurants et location de voitures
Du côté des boîtes de nuit, Mazen el-Zein, président du Crystal Group, société de management des établissements nocturnes Le Palais by Crystal, Métis et Alcazar, souligne que « cette saison s'annonce exceptionnelle. La fête de l'Adha a annoncé la couleur dans le sens où le bilan des réservations a été très positif », a-t-il indiqué. La stabilité politique a permis au groupe d'organiser un événement avec trois artistes internationaux pour la période de l'entre-fêtes.
Même son de cloche pour la compagnie de location de voitures Avis Rent a Car où un responsable a affirmé à L'Orient-Le Jour que « toutes les voitures avaient été réservées depuis des semaines maintenant, et ce jusqu'au 5 janvier », soulignant que « la saison estivale a également été très bonne grâce à l'absence de troubles sécuritaires ». « D'ailleurs, a-t-il ajouté, lorsque nous appelons nos clients pour leur demander s'ils viendront au Liban, ils répondent tous sans exception que cela dépend de la situation politique. »
« C'est un signe que les gens commencent à reprendre confiance dans la capitale libanaise », a précisé M. el-Zein.
Du côté des professionnels de la restauration, Serge Maacaron, directeur associé du restaurant de cuisine traditionnelle libano-arménienne Mayrig, joint sa voix à celle de ces confrères et consœurs, affirmant que « le Liban a été épargné de la crise économique dans une certaine mesure. Cela a profité grandement au secteur de la restauration », a-t-il expliqué. Les concierges des hôtels contactent le restaurant depuis des semaines pour assurer des réservations à leurs clients durant la période des fêtes », confie-t-il.
En somme des hôtels, des restaurants et des bars pleins. Pourtant, même si la volonté ne manque pas, l'infrastructure existante est encore bringuebalante.
Ne pas gâcher cette occasion en or
Pierre el-Achkar, président du syndicat des hôteliers, se félicite du taux d'occupation annuelle qui dépasse les 76 %. Cependant, « pour remettre le Liban sur la carte des réseaux touristiques prisés, il reste encore à faire en termes d'infrastructure », martèle-t-il.
Des intervenants qui ont préféré garder l'anonymat ont dévoilé à L'Orient-Le Jour que la municipalité de Beyrouth n'avait pas effectué son travail des égouts et des canalisations avant la saison des pluies, afin d'éviter les inondations des rues. Cette négligence des services publics a causé des dégâts que des établissements touristiques ont dû réparer à leurs frais.
« Si une personne voudrait passer son séjour en dehors de Beyrouth, elle doit pouvoir circuler facilement sur les routes », ajoute Pierre el-Achkar à cet égard, appelant par ailleurs à « promouvoir le Liban dans les villes européennes ».
Pourtant, même si les flux de touristes sont originaires du Golfe ou du Moyen-Orient, le phénomène est de plus en plus fréquent. Jihane Sakr et Mazen el-Zein le confirment. Ce dernier affirme : « Nous recevons de plus en plus d'appels des pays européens en quête d'informations et de réservations, notamment pour les événements que nous organisons. »


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