Le Parlement doit accorder sa confiance par un vote au nouveau gouvernement avant que celui-ci ne puisse commencer son travail. M. Karzaï a estimé que la liste complète pourrait être examinée « mardi ou mercredi » prochain. Ceux « qui ont travaillé très, très bien » conserveront leur poste, a-t-il précisé.
Parallèlement, M. Karzaï a appelé les États-Unis à continuer à aider l'Afghanistan, en proie à une insurrection croissante, car il n'aura pas les moyens financiers d'entretenir son armée et sa police pendant les quinze à vingt prochaines années.
M. Gates a entendu la demande de M. Karzaï. « Nous avons conscience qu'il va falloir du temps avant que l'Afghanistan ne soit capable d'entretenir ses forces de sécurité en totalité. Et, que ce soit 15 ou 20 ans, nous espérons que ce processus va s'accélérer », a-t-il déclaré. Mais le secrétaire américain à la Défense a immédiatement souligné que Washington ne devait pas supporter seul ce fardeau, ajoutant : « Les États-Unis ont clairement fait savoir à leurs partenaires internationaux que nous comptons sur eux pour qu'ils partagent cette responsabilité. »
Alors que le président afghan répète que son pays ambitionne de prendre d'ici à cinq ans le contrôle de la sécurité de son territoire, aujourd'hui en partie assuré par plus de 100 000 soldats étrangers, aux deux tiers américains, M. Gates a, lui, évoqué un « processus de plusieurs années ».
Le déplacement de M. Gates constitue la première visite officielle en Afghanistan d'un membre de l'administration Obama depuis l'annonce par Washington, il y a une semaine, de la rapide augmentation du contingent américain à 100 000 hommes, en vue de combattre une insurrection islamiste en plein essor.
Par ailleurs, le soutien apporté par l'opinion publique américaine à la guerre en Afghanistan et à sa gestion par le président Obama a grimpé nettement depuis l'annonce la semaine dernière de l'envoi de renfort, selon un sondage publié hier. Les Américains interrogés sont 58 % à soutenir l'envoi de renforts, contre 37 % qui y sont défavorables, et 60 % à soutenir l'annonce d'un début de retrait intervenant en juillet 2011, contre 32 % qui y sont défavorables, selon un sondage effectué par l'université Quinnipiac (Connecticut, Nord-Est). La façon dont Barack Obama gère le dossier afghan divise les Américains qui sont autant, 45 %, à l'approuver et à la rejeter, alors qu'ils étaient 49 % à la rejeter et 38 % à l'approuver lors du dernier sondage.
Le sondage de l'université Quinnipiac a été réalisé entre le 1er et le 6 décembre auprès de 2 313 électeurs inscrits sur les listes électorales.

