Trois bureaux gouvernementaux, un tunnel routier et une patrouille de police étaient visés. Thaier al-Sudani/Reuters
Cinq véhicules, dont quatre conduits par des kamikazes, ont explosé presque simultanément dans plusieurs quartiers de Bagdad, détruisant trois bureaux gouvernementaux, ravageant un tunnel routier et frappant une patrouille de police, selon des sources de sécurité. Parmi les cibles figure le siège provisoire du ministère des Finances qui avait déménagé à Chorja (centre), après un attentat meurtrier qui avait ravagé le 19 août l'ancien bâtiment. « Un kamikaze a pénétré avec un minibus rempli de plastic et de nitrate d'ammonium sur le parking mitoyen avec le ministère et s'est fait exploser », a affirmé un policier sur place. Dans le quartier de Mansour, une camionnette conduite par un kamikaze a foncé sur le Palais de justice, alors qu'un bus a sauté au-dessus d'un tunnel routier menant au ministère du Travail, rue de Palestine. « Le kamikaze est arrivé à vive allure (avec son véhicule) vers le Palais de justice. Les forces de sécurité ont tiré sur lui mais n'ont pas pu l'empêcher de faire exploser sa voiture », a affirmé un autre policier, Imad Fadel. Dans le quartier de Dora, un kamikaze a fait exploser sa voiture contre une patrouille de la police devant l'Institut de technologie, tuant trois policiers et 12 étudiants. Vingt-trois étudiants ont été blessés, selon la source sécuritaire. La cinquième attaque, visant l'antenne du ministère de l'Intérieur dans le quartier al-Nahda, n'était pas un attentat-suicide.
« Les crimes portent l'empreinte du groupe terroriste el-Qaëda et des baassistes (membres du parti Baas de Saddam Hussein), appuyés par l'extérieur. Les ennemis de l'Irak et de son peuple veulent créer le chaos dans le pays et perturber les élections », a affirmé dans un communiqué le Premier ministre Nouri al-Maliki. La planification des attentats ressemble à celle des attaques du 19 août et du 25 octobre contre des symboles du pouvoir à Bagdad qui avaient fait plus de 250 morts et avaient été attribuées à el-Qaëda et à des affidés de l'ex-régime.
Si les violences en Irak sont clairement à la baisse, les insurgés parviennent toujours à organiser des attaques particulièrement sanglantes. Entre-temps, le Conseil présidentiel a décidé d'organiser les législatives le 6 mars, a affirmé un responsable de la commission électorale, Qassem al-Abboudi. Un décret en ce sens doit être publié.
Le commandant des troupes américaines en Irak, Ray Odierno, avait prévu un regain des attaques avant le scrutin et souligné qu'il pourrait demander à Washington de retarder le retrait progressif des troupes si la situation le nécessitait. La Maison-Blanche « condamne fermement » les attentats à Bagdad, a déclaré hier soir le porte-parole de la présidence américaine, Robert Gibbs.
À l'étranger, la Syrie, régulièrement accusée par Bagdad de laisser passer des insurgés sunnites chez son voisin qui y commettent des attentats, a également condamné « avec force » les violences. En outre, la France a condamné « avec la plus grande fermeté » les attaques, se disant convaincue que les Irakiens gagneraient « le combat contre le terrorisme », alors que la Grande-Bretagne s'est dit assurée qu'elles ne parviendraient pas à saper les progrès réalisés en Irak.

