Des manifestants brandissent des pancartes « de vrais accords sauvent des vies », lors de l’ouverture du sommet de Copenhague. Bob Strong/Reuters
La réunion a débuté par la projection d'un court film-catastrophe montrant une fillette endormie à côté de son ours blanc en peluche et qui s'éveille au milieu d'un désert au sol craquelé, avant d'être rattrapée par des vagues déchaînées. « Aidez-nous à sauver le monde », lâche-t-elle, terrifiée, face à la caméra.
Jusqu'au 18 décembre, date de la fin des négociations en présence de 110 chefs d'État ou de gouvernement, les représentants de 193 pays (selon l'ONU) tenteront de trouver un accord permettant de limiter à deux degrés la hausse moyenne de la température de la planète par rapport au niveau pré-industriel. Dès l'entrée dans le centre de conférence, les délégués étaient priés de choisir leur voie : une porte rouge pour le réchauffement climatique, une verte pour « voter pour la Terre ». Superstition ou conviction ? Personne n'a emprunté la rouge, où deux jeunes gens en combinaison grise tentaient pourtant d'attirer le visiteur avec des pancartes « Protégez vos intérêts ». Cette conférence ne sera un succès « que si une action significative et immédiate commence » le jour même où ses travaux s'achèveront, a prévenu le patron du climat à l'ONU, Yvo de Boer. « Les pays en développement attendent désespérément une action tangible et immédiate. » Pour répondre aux besoins urgents des pays vulnérables face au changement climatique, l'idée d'un financement immédiat, chiffré à 10 milliards de dollars par an jusqu'en 2012, prend corps. Les pays en développement ont cependant lancé une mise en garde très claire : les discussions sur le financement ne peuvent s'arrêter là. « Cela ne signifiera absolument rien s'il n'y a pas, au-delà, un décollage significatif » des montants, a expliqué à l'AFP Dessima Williams, qui préside l'Alliance des petits États insulaires (Aosis).
Le « Climategate », l'affaire des courriels de scientifiques piratés en Angleterre, exploitée par les sceptiques du réchauffement pour remettre en cause le réchauffement, s'est par ailleurs invité à Copenhague. Scientifiques et délégués considèrent qu'elle n'aura pas d'impact sur les négociations, comme le principal négociateur américain, Jonathan Pershing. Mais Rajendra Pachauri, président du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat mandaté par l'ONU (GIEC, couronné du prix Nobel de la paix en 2007), a dénoncé une tentative de « discréditer » ce panel qui s'appuie sur « 21 années » de travaux transparents. En revanche, l'Arabie saoudite s'est distinguée, comme souvent dans la négociation climat, en jugeant que le « niveau de confiance » en la science était affecté et a réclamé une enquête internationale.
Par ailleurs, une pétition signée par 10 millions de personnes à travers le monde réclamant un accord ambitieux d'ici au 18 décembre a été remise hier aux organisateurs de la conférence par la campagne de mobilisation sur le climat, « TckTckTck », pour rappeler le tic-tac de l'horloge qui tourne.

