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Liban - La Situation

La Syrie distille le chaud et le froid à l’intention de Hariri

Alors que le gouvernement s'apprête à se présenter devant la Chambre à partir de demain mardi pour obtenir son investiture, le Premier ministre reçoit des signaux contraires en provenance de Syrie.
Saad Hariri, on le sait, doit visiter Damas après le vote de confiance, mais la date de cette visite n'a pas encore été fixée et il semble, à en croire des sources bien informées, qu'elle n'aura pas lieu dans l'immédiat, en tout cas pas avant le séjour du président de la République, Michel Sleiman, à Washington, prévu du 12 au 16 décembre.
Ces mêmes sources notent toutefois que la présence à Beyrouth ces jours-ci de l'ancien ambassadeur et actuel ministre saoudien de l'Information, Abdel Aziz Khoja, n'est pas étrangère aux préparatifs en cours en vue d'assurer le succès de la visite de M. Hariri sur les bords du Barada.
Toujours est-il que ce qui frappe du côté syrien, c'est l'ambivalence du message adressé hier au Premier ministre. Tout d'abord, il y a eu les commissions rogatoires qu'aurait lancées la justice syrienne à l'encontre d'un certain nombre de personnalités libanaises, et non des moindres, en relation avec l'enquête sur l'attentat contre Rafic Hariri, et sur plainte de l'ancien patron de la Sûreté générale, Jamil Sayyed.
Politiquement, et dans la mesure où des proches de Saad Hariri figurent sur cette liste de personnalités, on est en droit de s'interroger sur le moment choisi pour lancer ces commissions rogatoires. Certes, un processus judiciaire est en théorie indépendant des aléas de la politique, mais s'agissant très précisément de la justice syrienne, certaines interactions ne sont pas à écarter d'emblée.
En parallèle, et comme pour atténuer quelque peu l'effet désagréable ainsi produit, la Syrie semble avoir consenti une petite flatterie à l'intention du Premier ministre, exprimée cette fois-ci par l'un de ses principaux alliés au Liban, Sleimane Frangié.
Mais cette flatterie souffre elle-même d'ambivalence, dans la mesure où, en termes simplifiés, le message transmis par le député de Zghorta consiste à dire à M. Hariri qu'on le trouve soudain très sympathique, mais que son entourage et ses alliés ne le sont décidément pas.
En d'autres termes, Damas et ses protégés au Liban continuent à miser sur une sorte de recentrage du Premier ministre, un recentrage qui, en éloignant M. Hariri des éléments jugés irrécupérables, conduirait à l'éclatement définitif de la majorité parlementaire en place et du 14 Mars.
Certes, on n'en est pas là pour le moment. Mais cela n'empêche pas qu'au sein de l'alliance, le sens des réalités pousse les diverses composantes à se rapprocher de plus en plus du grand écart. À commencer bien sûr par Walid Joumblatt, qui n'en finit pas de rappeler à ceux qui ne l'ont pas encore entendu qu'il se trouve à présent au « centre » ; mais un centre particulièrement mou à partir duquel il est possible d'avoir une jambe de chaque côté.
Du côté des chrétiens du 14 Mars, on se donne bonne conscience en se réfugiant derrière les réserves émises au sujet du passage relatif à la « résistance » dans le texte de la déclaration ministérielle.
Quant aux milieux du Courant du futur, ils se trouvent plus que jamais pris entre le besoin de rassurer leur public en affichant ostensiblement leur solidarité avec ces réserves et la nécessité de faire le lit du gouvernement « d'union nationale » dirigé par leur chef.
C'est dans ces conditions que le spectacle de l'investiture du cabinet va commencer demain sur les écrans de télévision. « Spectacle » est le mot dans la mesure où pas moins de soixante députés (près de la moitié de la Chambre) ont été annoncés à la tribune, alors même que tout le monde est censé soutenir le gouvernement. Le président de la Chambre, Nabih Berry, estime qu'il s'agit là d'un « signe de bonne santé ».
Il s'agit là bien sûr de santé médiatique.
Alors que le gouvernement s'apprête à se présenter devant la Chambre à partir de demain mardi pour obtenir son investiture, le Premier ministre reçoit des signaux contraires en provenance de Syrie.Saad Hariri, on le sait, doit visiter Damas après le vote de confiance, mais la date de cette visite n'a pas encore été fixée et il semble, à en croire des sources bien informées, qu'elle n'aura pas lieu dans l'immédiat, en tout cas pas avant le séjour du président de la République, Michel Sleiman, à Washington, prévu du 12 au 16 décembre.Ces mêmes sources notent toutefois que la présence à Beyrouth ces jours-ci de l'ancien ambassadeur et actuel ministre saoudien de l'Information, Abdel Aziz Khoja,...
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