Le rapport, cité par le Lebanon this Week, bulletin économique hebdomadaire de la Byblos Bank, a imputé cette amélioration des projections à la « croissance solide » du secteur touristique qui joue un rôle de moteur pour le secteur des services, ainsi qu'à la poursuite des investissements dans la construction. Il a également souligné que le secteur bancaire a été porté par les flux continus de dépôts ainsi que par le paiement des intérêts rémunérant la dette publique.
L'EIU a toutefois noté que l'incertitude politique et la chute des exportations ont bridé la croissance, ajoutant que la performance de l'économie pourrait être meilleure l'année prochaine, si la situation politique se stabilisait. Le centre de recherche a aussi mis l'accent sur le fait que la croissance économique au Liban est « étroitement corrélée » aux tendances de la conjoncture régionale, l'exportation des services représentant « au moins la moitié » du produit intérieur brut (PIB) du pays. Selon lui, les exportations de services mais également de biens devraient continuer à être la locomotive de la croissance de 2010.
Le rapport a en outre précisé que ses projections demeurent relativement prudentes, du fait du manque d'indicateurs économiques réguliers, en dehors des secteurs de la banque et du tourisme.
Le nouveau gouvernement
Évoquant la formation du nouveau cabinet, l'EIU a estimé que cela permettra à Beyrouth d'enregistrer quelque progrès en matière de politique économique, ce domaine étant au point mort depuis la veille des élections législatives du 7 juin dernier. Cependant, elle a estimé que la privatisation devrait continuer à être un sujet « sensible », du fait d'une combinaison de « facteurs idéologiques et d'intérêts particuliers » et des questions liées à la transparence de toute éventuelle vente d'actifs étatiques.
Quant à l'état des finances publiques, le rapport a estimé que le déficit budgétaire structurel découle notamment du poids du service de la dette souveraine, ajoutant qu'un resserrement des dépenses de l'État est « peu probable ». De plus, selon le document, le retard des réformes requises par les donateurs ainsi que les problèmes de liquidité à l'échelle internationale devraient retarder davantage le versement des aides conditionnelles promises à Paris III. D'autant que la privatisation des deux opérateurs de téléphonie mobile et de l'Électricité du Liban, qui draine de lourdes subventions étatiques, « pourrait être repoussée au-delà de 2011 ». Néanmoins, a ajouté l'EIU, la privatisation partielle de la Middle East Airlines (MEA) « pourrait progresser plus rapidement vu que (le transport aérien national) est contrôlé par la Banque du Liban et non pas par un ministère et que le plan étudié en la matière est d'introduire sur la Bourse locale 25 % du capital de la compagnie et non pas de vendre cette dernière à un seul investisseur ».
Le centre de recherche a par ailleurs noté que des risques pèsent sur les flux de capitaux intrants en 2010 et 2011, les retombées de la crise financière internationale sur l'Europe et les pays du Golfe pouvant dissuader les investissements et les transferts des expatriés. De plus, les entrées de dépôts bancaires pourraient souffrir de la reprise des taux d'intérêt et de l'amélioration du climat d'investissement à l'étranger. Il est également à noter que les flux de capitaux demeurent « largement vulnérables » aux changements de sentiments et pourraient souffrir d'une nouvelle crise politique, a enfin noté l'Economist Intelligence Unit.


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