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Liban - Citoyen Grognon

Simple comparaison

Revoir un pays étranger, Chypre en l'occurrence, ne serait-ce que pour un court week-end, après de nombreuses années, permet de faire une intéressante comparaison. Mais surtout un bien triste constat.
À moins d'une heure d'avion, une nation et un peuple évoluent. Mais au Liban, on fait du surplace, on recule même.
Englué dans ses problèmes politiques endémiques, dans ses éternels tiraillements intercommunautaires, dans son âpre lutte pour le pouvoir, le Libanais a négligé le développement de son pays, le bien-être de son peuple, la protection de son environnement.
La petite île chypriote a bien vécu, elle aussi, des problèmes politiques. Sa capitale administrative, Nicosie, est d'ailleurs toujours divisée. Ses habitants évoquent encore, avec tristesse, le conflit qui n'a toujours pas été résolu. Mais cela n'a pas empêché la république, membre de l'Union européenne depuis 2004, d'aller de l'avant. Trois simples constatations, au hasard d'une flânerie entre Larnaca et Limassol, sont là pour le montrer.
Il est impossible, d'abord, de ne pas être interpellé par les routes, bien asphaltées, bien tracées, bien entretenues, par l'ordre qui règne au niveau de la circulation et par la courtoisie des automobilistes. Rouler sur les routes chypriotes est un véritable plaisir, car on s'y sent en sécurité. Contrairement aux routes libanaises qui deviennent cauchemardesques, vu le règne de la loi de la jungle et la mauvaise infrastructure.
C'est ensuite vers les plages que se tournent les regards. Des plages propres, agréables, d'accès libre, que les touristes fréquentent encore, en cette douce fin d'automne. Car notre voisine chypriote est soucieuse de démocratiser ses plages, de permettre à chacun de se baigner gratuitement dans des eaux transparentes et propres, de jouir aussi de la vue relaxante de la grande bleue et des merveilleux couchers de soleil. Mais au Liban, les accès libres à la mer se réduisent comme peau de chagrin. Non seulement les plages publiques se comptent sur les doigts, mais elles sont sales, polluées, car s'y déversent égouts et déchets à gogo. Les autres plages, c'est à prix d'or qu'elles monnayent aux citoyens le privilège de faire trempette. Quant à la vue, elle est masquée par d'horribles bâtisses en béton qui continuent de pousser comme des champignons sur le littoral.
Les terrasses des maisons ne manquent pas non plus d'attirer l'attention. Des terrasses qui abritent toutes, sans exception aucune, des chauffe-eau solaires. Car l'île, aussi petite soit-elle, est soucieuse non seulement de profiter de l'énergie solaire, mais de contribuer à la lutte contre le réchauffement planétaire. Au Liban, qui n'a rien à envier à Chypre sur le plan de l'ensoleillement, l'énergie solaire est encore une exception. On continue, par paresse, par manque de moyens, par je-m'en-fichisme, à utiliser le mazout à outrance, que l'on paie d'ailleurs une petite fortune, sans se soucier des conséquences.
Trois banales comparaisons, que l'on ne peut s'empêcher de faire, à grand regret.
À quand donc une initiative, même timide, de la part des autorités, qui viserait le bien-être du citoyen et irait, en même temps, dans le sens du développement durable ?
Revoir un pays étranger, Chypre en l'occurrence, ne serait-ce que pour un court week-end, après de nombreuses années, permet de faire une intéressante comparaison. Mais surtout un bien triste constat.À moins d'une heure d'avion, une nation et un peuple évoluent. Mais au Liban, on fait du surplace, on recule même.Englué dans ses problèmes politiques endémiques, dans ses éternels tiraillements intercommunautaires, dans son âpre lutte pour le pouvoir, le Libanais a négligé le développement de son pays, le bien-être de son peuple, la protection de son environnement.La petite île chypriote a bien vécu, elle aussi, des problèmes politiques. Sa capitale administrative, Nicosie, est d'ailleurs toujours divisée....
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