L'imam de la mosquée de Genève, l'une des quatre seules en Suisse a être flanquée d'un minaret, a lancé lundi un "appel au calme" et demandé à la communauté musulmane internationale de respecter le vote massif des Suisses contre la construction de minarets.
"Les musulmans du monde doivent respecter cette décision, sans pour autant l'accepter. Sinon nous serons les premières victimes", a déclaré à l'AFP l'imam Youssef Ibram dont la mosquée a été visée par des actes de vandalisme durant la campagne.
Par leur vote, les Suisses "n'ont pas condamné un édifice de pierre, ils ont condamné les musulmans et l'islam. Même si on dit que ce n'est pas le cas, c'est le cas: ce sont les hommes, les citoyens de confession musulmane qui sont visés", dénonce l'imam Youssef Ibram.
La Suisse compte environ 400.000 musulmans sur une population de 7,5 millions d'habitants, faisant de l'islam la deuxième religion du pays après le christianisme, selon les statistiques officielles.
Le minaret de Genève, édifié en 1978 non loin du quartier de l'ONU et des organisations internationales, est le plus élevé de Suisse en culminant à 23 mètres, mais paraît bien modeste à côté des imposants immeubles d'habitation qui l'environnent.
Comme dans le reste du canton de Genève, les électeurs du quartier ont majoritairement rejeté la proposition de la droite populiste, par 1.942 voix contre 1.240.
Il est vrai que la mosquée et son "centre culturel musulman" ne ménagent pas leur peine et multiplient les journées portes ouvertes et les échanges, y compris gastronomiques, avec les voisins.
Cette ouverture sur le quartier n'a pas empêché le centre religieux de devoir embaucher un vigile après avoir été la cible d'actes de malveillance durant la campagne contre les minarets, soutenue par le parti populiste UDC, la première formation politique au parlement fédéral.
Un groupe d'extrême droite a lancé, de manière provocatrice, un faux appel à la prière, l'entrée du lieu de culte a été lapidée et l'inscription signalant, en français et en arabe, l'entrée de la mosquée a été maculée de peinture rose.
"La campagne contre les minarets a semé le vent, nous avons récolté la tempête...", commente l'imam de la mosquée Youssef Ibram avec fatalisme en évoquant l'affiche contre les minarets qui a été largement appposée dans la ville durant la campagne.
Cette image, présentant une femme en burqa à côté d'un drapeau suisse couvert de minarets en forme de missiles, "attise la haine", avait bien prévenu la Commission fédérale contre le racisme (CFR), un organisme public consultatif.
Le vote contre les minarets constitue "une grande déception", regrette l'imam de la mosquée de Genève, qui estime que l'UDC et le petit parti chrétien de droite UDF ont réussi à imposer leur "message de peur". Et l'imam d'évoquer ces "dizaines de coups de téléphones" de Genevois solidaires qui "disent avoir honte d'être Suisses".
"Nous sommes persécutés par ce parti (l'UDC) islamophobe et xénophobe, mais pas par les Suisses, pas par le gouvernement suisse", souligne-t-il.
Pour le religieux genevois, c'est loin d'être fini: "J'ai une certitude, c'est que l'UDC va utiliser d'autres thèmes pour des initiatives (des consultations populaires), par exemple contre la burqa... A chaque fois, il va ressortir d'autres sujets pour remporter d'autres succès électoraux, pour faire encore mal et plus mal encore à la communauté musulmane".
"Les musulmans du monde doivent respecter cette décision, sans pour autant l'accepter. Sinon nous serons les premières victimes", a déclaré à l'AFP l'imam Youssef Ibram dont la mosquée a été visée par des actes de vandalisme durant la campagne.
Par leur vote, les Suisses "n'ont pas condamné un édifice de pierre, ils ont condamné les musulmans et l'islam. Même si on dit que ce n'est pas le cas, c'est le cas: ce sont les hommes, les citoyens de...


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