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GB : l'intervention en Irak était "légale" mais peu légitime (diplomate)

L'intervention militaire en Irak était "légale" mais sa légitimité était "discutable" car elle ne bénéficiait pas d'un soutien populaire suffisant, a estimé vendredi un ancien ambassadeur britannique aux Nations Unies devant la commission d'enquête sur le conflit irakien.

Jeremy Greenstock, qui fut en poste à New York entre 1998 et 2003, a également regretté l'opposition irréductible de la France à l'option armée, une attitude selon lui "inutilement provocatrice".

"Je considère notre participation à l'action militaire en Irak en mars 2003 comme légale mais d'une légitimité discutable en ce qu'elle n'avait pas le soutien démocratique d'une grande majorité d'Etats membres, ni peut-être même d'une majorité de gens au Royaume-Uni", a-t-il déclaré.

En 2005, le gouvernement britannique avait bloqué la publication d'un livre de M. Greenstock, dans lequel il décrivait la guerre comme "politiquement illégitime" selon la presse.

La base légale à la guerre a été selon lui fournie par l'adoption en novembre 2002 de la résolution 1441 du Conseil de sécurité, destinée à contraindre le régime de Saddam Hussein à respecter ses obligations en matière de désarmement.

L'ancien ambassadeur a expliqué s'être battu pour obtenir cette résolution, allant même jusqu'à menacer de démissionner si elle n'était pas adoptée. "Je considérais qu'il était nécessaire politiquement et légalement" de réaffirmer que l'Irak ne respectait pas ses engagements en matière de désarmement, a-t-il indiqué.

La résolution 1441 déclencha le retour en Irak, d'où ils étaient absents depuis 1998, des inspecteurs de l'ONU chargés de surveiller l'état du désarmement.

Mais sa formulation était certes "équivoque", car elle n'autorisait pas explicitement le recours à la force contre l'Irak.

Londres a ensuite tenté d'aller plus loin en obtenant une seconde résolution autorisant explicitement l'intervention armée, malgré l'opposition de la Russie et de la France, depuis longtemps réticentes à déclarer la guerre à un pays avec lequel elles entretenaient des liens étroits.

Mais il est alors devenu évident que "les Etats-Unis ne soutenaient pas véritablement les efforts britanniques et semblaient préparer le conflit quoi qu'ait décidé de faire le Royaume-Uni", a regretté M. Greenstock.

Moscou et Paris étaient également convaincus que George W. Bush était "déterminé à recourir à la force". Mais si la Russie a peu à peu adouci sa position, la France est au contraire devenue franchement hostile.

De même qu'à Washington, certains n'étaient disposés à aucune concession, Paris n'était "pas non plus prêt à faire des compromis".

Cette attitude "inutilement provocatrice" s'est définitivement matérialisée quand le président Jacques Chirac a coupé court à toute négociation avec une "fâcheuse opiniâtreté", en annonçant qu'il opposerait son veto à toute résolution validant un recours à la force.

M. Greenstock aurait préféré que la guerre soit repoussée de mars à octobre 2003, ce qui aurait laissé plus de temps pour trouver d'éventuelles armes de destruction massive en Irak et peut-être permis d'établir la base légale "indiscutable" pour la guerre.

"Mais l'élan en faveur d'une action anticipée était trop fort aux Etats-Unis pour que nous puissions le contrer", a-t-il observé.

L'intervention militaire en Irak était "légale" mais sa légitimité était "discutable" car elle ne bénéficiait pas d'un soutien populaire suffisant, a estimé vendredi un ancien ambassadeur britannique aux Nations Unies devant la commission d'enquête sur le conflit irakien.
Jeremy Greenstock, qui fut en poste à New York entre 1998 et 2003, a également regretté l'opposition irréductible de la France à l'option armée, une attitude selon lui "inutilement provocatrice".
"Je considère notre participation à l'action militaire en Irak en mars 2003 comme légale mais d'une légitimité discutable en ce qu'elle n'avait pas le soutien démocratique d'une grande majorité d'Etats membres, ni...