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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

El-Baradei déçu par le jeu de « cache-cache iranien »

Si l'Iran a l'arme nucléaire, il y aura une réponse antimissile de l'OTAN, assure Rasmussen.

Des missiles Hawk ont été aperçus à Khandab hier, lors de manœuvres militaires.Ali Shayegan/Fars news/Reuters





L'Iran s'est retrouvé hier sur le banc des accusés à l'AIEA à Vienne devant l'impatience des grandes puissances sur son programme nucléaire controversé.
Pour la première fois en quatre ans, le Groupe des Six, les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (États-Unis, Grande-Bretagne, Chine, Russie, France) plus l'Allemagne, a préparé un projet de résolution condamnant l'Iran. Le texte sera soumis ce matin au vote des 35 gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), réunis pendant deux jours au siège de l'agence onusienne. Il épingle la dissimulation par Téhéran, jusqu'en septembre dernier, de la construction d'un nouveau site nucléaire dans une montagne à Fordo, près de la ville sainte de Qom.
Pour les grandes puissances comme pour l'AIEA, il s'agit de faire la lumière sur la nature véritable du programme nucléaire iranien. Téhéran, par la voix de son représentant à l'agence onusienne, Ali Asghar Soltanieh, a immédiatement riposté en menaçant de « limiter » sa coopération avec l'AIEA « au strict minimum » en cas d'adoption de cette résolution.
Le soutien de la Chine et de la Russie à cette initiative est interprété comme un signe de la frustration grandissante de la communauté internationale face au refus de Téhéran de coopérer. Hier, Moscou a instamment appelé l'Iran à respecter ses engagements, à l'issue d'un entretien entre le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, et l'ambassadeur iranien, Mahmoud Reza Sajjadi. Et même le directeur général de l'AIEA, l'Égyptien Mohammad el-Baradei, souvent accusé d'une trop grande modération à l'égard de Téhéran, s'est montré hier « déçu » par le jeu de cache-cache iranien. Sa proposition de compromis quant au processus d'enrichissement de l'uranium iranien est « équitable » et « de nature à grandement aider à répondre aux inquiétudes suscitées par le programme nucléaire iranien ». Il s'agit de « passer de la confrontation à la coopération et d'ouvrir la voie à un large dialogue entre l'Iran et la communauté internationale », a-t-il souligné. L'offre initiale de Mohammad el-Baradei, « une occasion unique » et qui « doit être saisie » par Téhéran, selon lui, prévoit l'exportation par l'Iran de 70 % de son uranium faiblement enrichi en Russie pour y être enrichi davantage puis transformé en France en combustible pour son réacteur de recherche, avec comme « modalité alternative » un stockage intermédiaire en Turquie. Ainsi cet uranium ne pourrait plus servir pour un éventuel usage militaire, principale crainte des grandes puissances. Pour Mohammad el-Baradei, âgé de 67 ans et prix Nobel de la paix en 2005, la politique d'obstruction de l'Iran a un goût d'autant plus amer après 12 ans passés à la tête de l'agence onusienne, son mandat expirant le 30 novembre. Et, au terme de ces 12 ans, dans un quasi-aveu d'impuissance et avec une tonalité critique encore jamais employée à l'encontre de l'Iran, il a estimé que l'AIEA en était au « point mort » avec Téhéran. Pourtant, la nouvelle administration américaine, à la suite de la main tendue à l'Iran par le président Barack Obama, en rupture avec la politique de son prédécesseur, George W. Bush, garde l'espoir d'une réponse positive et maintient son offre de dialogue. Et l'ambassadeur allemand à l'AIEA, Rüdiger Lüdeking, parlant hier au nom du Groupe des Six, a solennellement lancé au régime islamique : « Nous tendons la main et appelons l'Iran à la saisir. »
Par ailleurs, le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a estimé hier à Berlin que si l'Iran parvenait à se doter de l'arme nucléaire, l'OTAN devrait protéger ses territoires et ses populations par une défense antimissile.
Sur le plan diplomatique, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a obtenu les soutiens recherchés à sa politique nucléaire lors d'une tournée américaine achevée mercredi.
L'Iran s'est retrouvé hier sur le banc des accusés à l'AIEA à Vienne devant l'impatience des grandes puissances sur son programme nucléaire controversé.Pour la première fois en quatre ans, le Groupe des Six, les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (États-Unis, Grande-Bretagne, Chine, Russie, France) plus l'Allemagne, a préparé un projet de résolution condamnant l'Iran. Le texte sera soumis ce matin au vote des 35 gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), réunis pendant deux jours au siège de l'agence onusienne. Il épingle la dissimulation par Téhéran, jusqu'en septembre dernier, de la construction d'un nouveau site nucléaire dans une montagne...
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