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Liban - Drame

Horreur et tragédie à Bhersaf

Bhersaf était hier en deuil et encore sous le choc après le triple crime suivi du suicide commis par Grace Kassab el-Jalkh, qui a tué ses trois filles, Melissa, Madison et Alfreda, avant de se donner la mort.

L’immeuble où habitait la famille Jalkh ainsi que les parents du mari à Bhersaf.


« Quel drame ! » « Quelle tragédie ! » « Que Dieu nous préserve des moments de perdition. » Comme un leitmotiv, ces phrases étaient hier sur toutes les lèvres durant les obsèques de Melissa (13 ans), de Madison (10 ans) et d'Alfreda el-Jalkh (7 ans) tuées par leur maman Grace Chafic Kassab (40 ans), qui s'est également donné la mort.
L'émotion et la douleur se lisaient sur tous les visages. Parents, amis et habitants du village sont venus faire leurs derniers adieux à Grace et aux « trois anges du collège Jesus and Mary », comme l'a souligné le supérieur général du collège dans une homélie, avant de leur décerner à titre posthume le bouton d'or des diplômés du collège.
Peu avant 15h, les cloches de l'église Saint-Jean à Bhersaf ont carillonné au lieu de sonner le glas. Les cercueils blancs des trois filles, précédant celui de leur mère, et portés à bout de bras, ont été accueillis par une pluie de pétales blancs et par une immense foule qui élevait les prières à leur intention. Des ballons roses, blancs et gris clair portant le nom de Melissa, Madison et Alfreda décoraient l'église jonchée de couronnes de roses blanches.
« Grace ne passait pas inaperçue, explique une femme proche de la famille. Elle était très attachée à ses filles et était à leurs petits soins. Elle leur consacrait les week-ends et veillait sur leurs études. Elle leur confectionnait mille et une choses pour les différentes occasions. Récemment, pour Halloween, elle leur a reconstitué le bateau de Noé. C'était une femme croyante et pratiquante. Je ne comprends pas ce qui s'est passé. »
« C'est inouï, souligne une amie de la famille, ayant réclamé l'anonymat. Nous sommes sous le choc. Quelle tragédie ! »
« Grace était en parfaite santé, poursuit-elle. C'est une femme éduquée. Elle était une physiothérapeute spécialisée et s'occupait d'enfants handicapés. Elle consacrait sa vie pour ses trois filles. »
Elle explique que Grace était en bons termes avec son mari, Paul, moniteur d'équitation qui travaillait à Bahreïn depuis plus de dix ans et effectuait des va-et-vient réguliers entre les deux pays. « Paul était au Liban et il est parti lundi, raconte cette femme. Ils s'étaient parlé mercredi soir, quelques minutes avant la tragédie. J'ai cru comprendre qu'il lui avait demandé de raccrocher parce qu'il avait une autre ligne, lui disant qu'il allait la rappeler. Lorsqu'il a essayé de le faire, la ligne de sa femme était fermée et celle de la maison hors service. Le soir même, Grace avait envoyé un SMS à sa sœur lui demandant de ne pas venir tôt le matin parce qu'elle était très occupée. Le lendemain, Paul a appelé ses parents qui habitent le même immeuble et leur a demandé de vérifier si elles allaient bien. » La belle-famille de Grace n'avait pas constaté une activité inhabituelle. « Ils ont commencé à s'inquiéter lorsque les fillettes ne sont pas rentrées de l'école, note-t-elle. Ils avaient cru que Grace s'était rendue à l'école pour une réunion de parents. Lorsqu'elle a tardé, ils ont appelé l'école et ont su qu'il n'y avait pas de réunion. Ils se sont inquiétés et ont finalement appelé sa sœur qui possédait une clé de la maison. Entre-temps, Paul était rentré. Lorsqu'ils ont ouvert la porte, ils ont découvert la maman et les filles dans la chambre à coucher, sans vie, dans un même lit. »
L'amie de Grace explique que cette dernière « a toujours été discrète ». « Nous n'étions au courant des choses qu'après leur survenue, dit-elle, la voix enrouée par les sanglots. Au cours des derniers jours, elle était très tendue et nerveuse. Je ne savais pas ce qu'elle avait. Je lui avais demandé à plusieurs reprises si tout allait bien. Elle me répondait toujours, "tu sauras le moment venu". »

Une vidéo expliquant l'acte
Le drame s'est produit dans la nuit de mercredi à jeudi. Grace Chafic Kassab, mariée à Paul Georges el-Jalkh, a ajouté du « lannate », une matière utilisée dans la composition des pesticides, à une salade de fruits qu'elle a servie à ses filles et dont elle a mangé.
Selon les milieux de la famille, elle aurait filmé tout le crime. Les forces de sécurité qui possèdent la vidéo assurent toutefois que celle-ci contenait une discussion houleuse entre le couple. Elle avait également demandé à ses filles les cadeaux qu'elles désireraient recevoir de leur père pour Noël, expliquent ces sources, ainsi que des aveux de Grace qui expliquait qu'elle était consciente de commettre un acte moralement condamné par l'Église et qu'elle courait le risque de se voir refuser un enterrement chrétien, et avait demandé qu'on incinère son corps. Selon les sources de sécurité, elle avait expliqué qu'elle était tellement attachée à ses filles et qu'elle les aimait tellement au point de ne pas les laisser vivre sans mère, décidant ainsi de « les prendre » avec elle.
« Quel drame ! » « Quelle tragédie ! » « Que Dieu nous préserve des moments de perdition. » Comme un leitmotiv, ces phrases étaient hier sur toutes les lèvres durant les obsèques de Melissa (13 ans), de Madison (10 ans) et d'Alfreda el-Jalkh (7 ans) tuées par leur maman Grace Chafic Kassab (40 ans), qui s'est également donné la mort.L'émotion et la douleur se lisaient sur tous les visages. Parents, amis et habitants du village sont venus faire leurs derniers adieux à Grace et aux « trois anges du collège Jesus and Mary », comme l'a souligné le supérieur général du collège dans une homélie, avant de leur décerner...
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Tragique ! Horrible !

LeRougeEtLeNoir

13 h 01, le 09 septembre 2020

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Commentaires (1)

  • Tragique ! Horrible !

    LeRougeEtLeNoir

    13 h 01, le 09 septembre 2020

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