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CD, DVD - Un Peu Plus De...

Je t’aime moi non plus

Bonjour. S'il vous plaît. Merci. Je vous en prie. Je suis désolé. Pardon. Au revoir. Depuis tout petit, on nous bassine les oreilles avec toutes les choses qu'on doit dire et ne pas dire. Les formules de politesse, les gros mots à proscrire, les mots doux à prescrire. Tout ce qui fait l'art d'une conversation respectable, une conversation comme il faut. On nous dit et redit de ne pas insulter les gens, de tourner sept fois notre langue avant de sortir une grossièreté. Bref, de faire attention à notre langage. À la maison, à la garderie, à l'école. Le dialogue doit être basé sur la courtoisie, et la diplomatie est de rigueur, bien souvent. Puisqu'on ne doit pas toujours dire ce que l'on pense. Malheureusement, à force de retenue et de pudeur mal placée, on a fini par quasiment ne plus rien dire. On ne se parle plus. On communique mal. Et on ne décide d'ouvrir la bouche que lorsque ça ne va pas. Quand ça va mal. Quand il y a un conflit à régler. Là, on devient prolixe. Bavard. On trouve le temps. Le moment. La peine. On trouve les mots justes pour reprocher à l'autre l'erreur qu'il a commise. On sait devenir blessant. On dit tout haut ce qu'on taisait tout bas. Qu'est-ce qu'on sait parler quand il y a un problème. Une sale chose à dire. On décroche son téléphone. On allume son ordinateur. Et on balance. Tout ce qu'on a dans les tripes. Dans le cœur. Idem quand on veut déblatérer sur quelqu'un. Y a toujours quelque chose à dire de négatif. On est passé maître ès potinages et les mots sortent si facilement que Le Petit Robert pourrait aller se coucher. Elle est laide, tu as grossi, il a mauvaise mine, ils ne sont pas en forme, ils ne vont pas bien, elle a l'air triste, ils divorcent... Pourtant, on nous avait bien prévenus : ne blasphème pas. Ne t'emporte pas. Reste poli. Ne dis pas du mal. « Celui qui a une maison en verre... » On a tout oublié pour ne garder que le mauvais. On est certes civilisé quand il le faut. Mais de moins en moins souvent. Micro-agressions en permanence qui nous rendent irascibles. Une voiture en contresens, un type qui vous lance une phrase salace, une vendeuse qui vous reçoit mal. Difficile de rester courtois dans ces conditions. De ne pas se lâcher en propulsant des invectives en tout genre. Effacés les conseils de maman, de papa, de la maîtresse. Quand le sang ne fait qu'un tour... C'est tellement facile tout ça. Dire du mal, s'emporter, insulter. Tellement plus facile que d'ouvrir son cœur. Dire « je t'aime » est devenu un acte courageux pour certains, niais pour d'autres. D'aucuns le disent à tout va. D'autres ne peuvent prononcer ces trois mots. Et voilà où nous en sommes aujourd'hui : on ne dit pas assez aux gens qu'on aime qu'on les aime. On ne leur dit pas assez qu'ils comptent pour nous, qu'ils nous ont touchés, aidés, soutenus. On ne leur dit pas assez qu'ils sont beaux, rayonnants, en forme. On ne prend pas son téléphone pour dire à une amie combien on l'aime. À une occasion peut-être, sur une carte d'anniversaire, et encore. D'ailleurs on ne s'écrit plus. On communique par petites phrases. On envoie des SMS au langage écourté. On commente des statuts sur Facebook. On envoie des mails qui disent qu'il faut aimer la vie, ses proches et d'autres conneries du genre. Mais on est incapable de dire en face à quelqu'un qu'on aime qu'on l'aime. Il y a un monde entre ce qu'on dit et ce qu'on devrait dire, ou ce qu'on aurait pu dire. C'est bien dommage. On ne dit pas « tu me manques », mais « tu nous manques », « chta2nelik » ou encore « miss you ». C'est que la langue de Shakespeare est plus facile. Moins forte. On dit plus facilement « love u » que « je t'aime ». On préférera le « t'aime » qui n'implique pas le « je ». On est fréquemment lâche face à l'expression de ses sentiments. On préfère abréger ces instants. C'est ainsi que, maladroitement, la sensibilité laisse place à la sensiblerie. Et un jour on le regrette. On se fâche. On dit des choses qu'on n'aurait pas dû et on ne revient pas sur ses paroles. On ne pardonne pas. On s'enfonce dans une rancune stérile qui ne nous aidera en rien. Et le temps passe. Sans qu'on ait pu dire « je suis désolé ». Sans rédemption aucune. Disons-le donc avant qu'il ne soit trop tard. Sans que cela soit sirupeux ou guimauve. Sans bons sentiments faciles, ni romantisme à deux balles, ni niaiserie : Merci d'exister. Je t'aime. Je vous aime. 
Bonjour. S'il vous plaît. Merci. Je vous en prie. Je suis désolé. Pardon. Au revoir. Depuis tout petit, on nous bassine les oreilles avec toutes les choses qu'on doit dire et ne pas dire. Les formules de politesse, les gros mots à proscrire, les mots doux à prescrire. Tout ce qui fait l'art d'une conversation respectable, une conversation comme il faut. On nous dit et redit de ne pas insulter les gens, de tourner sept fois notre langue avant de sortir une grossièreté. Bref, de faire attention à notre langage. À la maison, à la garderie, à l'école. Le dialogue doit être basé sur la courtoisie, et la diplomatie est de rigueur, bien souvent. Puisqu'on ne doit pas toujours dire ce que l'on pense. Malheureusement, à force de retenue et de...
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