La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, qui s'est placée en première ligne de la communauté internationale en multipliant les mises en garde et les demandes de réforme, est arrivée hier à Kaboul, suivie par le président pakistanais Asif Ali Zardari. « Nous nous trouvons à un moment critique, à la veille de l'investiture du président Hamid Karzaï pour un second mandat », a affirmé Mme Clinton devant quelque 150 employés de l'ambassade américaine à Kaboul. « Il y a maintenant une fenêtre d'opportunité très forte pour que le président Karzaï et son gouvernement concluent un contrat avec le peuple afghan, fondé sur la volonté de responsabilité et d'obtenir des résultats tangibles », a-t-elle ajouté.
Environ 800 invités - dont 300 étrangers, ministres, diplomates et hôtes de marque - devraient participer à la cérémonie d'investiture. Le discours du président afghan est particulièrement attendu par la communauté internationale qui attend un vrai programme de gouvernement et des engagements très fermes contre la corruption. Hamid Karzaï a été réélu à la tête de l'État à l'issue d'un scrutin présidentiel calamiteux, marqué par des fraudes massives en sa faveur lors du premier tour le 20 août et le retrait de son adversaire, Abdullah Abdullah, avant le second tour. Mais le scepticisme demeure sur la volonté réelle du président afghan de réformer son administration, en dépit des pressions internationales.
« La longue lune de miel entre Karzaï et l'Occident prend brutalement fin. Il faut maintenant que Karzaï arrête de jouer à l'homme de pouvoir et qu'il devienne un leader », a souligné un haut responsable européen. Pour un responsable américain, « Karzaï devra s'engager dans son discours d'investiture envers le peuple afghan, promettre de lutter contre la corruption, de créer des emplois, d'apporter la sécurité et de renforcer les services publics ».

