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Culture - Exposition

Guvder, ses exodes, ses paysages cosmiques et ses autoportraits en pierres

C'est par une rétrospective partielle consacrée à Guvder que la galerie Hamazkayin inaugure son nouvel espace d'exposition*.

L’artiste et son autoportrait en pierres. (Michel Sayegh)

Une belle scénographie, signée Sylvia Agémian, met en lumière l'inspiration créatrice de cet incroyable jeune homme de 88 ans. Il y a, avant tout, la musique, ses notes, ses sonorités, ses rythmes que l'on retrouve dans la quasi-totalité des œuvres de ce peintre mélomane. En particulier dans certaines de ses encres sur papier qui prennent alors des airs de partitions artistiques. Comme cet émouvant Ils sont tombés qui reproduit, à coups de roseaux délicats, sa vision des «pendus», un des épisodes du massacre arménien.
Il y a aussi les grands maîtres de la peinture, les Rembrandt, Goya, Picasso... que cet artiste révère, et dont il reprend, à sa manière, c'est-à-dire avec ce mélange de candeur et de virtuosité, des détails de leurs œuvres, ou des silhouettes et des personnages typiques. À l'instar de ceux, grotesques, de Goya, qu'il replace dans un contexte différent dans de fascinants portraits en trio.

La capacité d'émerveillement
On retrouve aussi le clair-obscur et quelque chose des scènes bibliques «rembrandtiennes» dans ses assemblées familiales, ses Maternités, à l'immanente spiritualité, ou encore ses incessantes foules en déplacement sur les routes de l'Exode, qu'il représente à l'encre de Chine et à la
gouache.
«Je suis né en plein massacre arménien, en 1921, alors que mes parents fuyaient sur un bateau », raconte cet amoureux de la vie, qui, comme le signale Joseph Tarrab dans le texte du catalogue de l'exposition, «possède, intacte, la capacité d'émerveillement d'un enfant qui découvre le monde à chaque instant. (...) et nous le fait redécouvrir avec lui ».
Cette découverte enthousiaste du monde, Guvder la fait non seulement dans son atelier, devant son chevalet, mais aussi au cours de son heure de marche quotidienne dans la nature. La nature qui reste la source ultime de sa créativité. Les champs, les rivages, ou encore les chantiers, où il ramasse, ici et là, pierres, galets, racines d'arbres, coquillages, bois mort, ou encore plumes d'autruches... Des «trésors» qui lui inspirent aussi bien des sculptures en assemblages de pierres - dont nombre d'«autoportraits», fait-t-il remarquer en approchant de son visage une de ces figures en pierre, à titre comparatif - que des formes et des silhouettes qu'il redessine de son fameux roseau, à l'allure ardente et au tracé virtuose.
Cette fougue, mâtinée de dextérité et toujours nimbée de spiritualité, se retrouve aussi dans les toutes dernières œuvres de Guvder. Baptisées Paysages cosmiques, ces encres et aquarelles sur papier représentent des arbres éclatant d'une vitalité céleste. Celle-là même dont se nourrit cet artiste. Pour qui le dessin est un concentré de trois «forces»: «cristallisation, dématérialisation et spiritualisation».
À (re)découvrir. Jusqu'au 27 novembre.

* Bourj Hammoud, centre Shaghzoyan. Tél. : 01/241263 - 4.
Une belle scénographie, signée Sylvia Agémian, met en lumière l'inspiration créatrice de cet incroyable jeune homme de 88 ans. Il y a, avant tout, la musique, ses notes, ses sonorités, ses rythmes que l'on retrouve dans la quasi-totalité des œuvres de ce peintre mélomane. En particulier dans certaines de ses encres sur papier qui prennent alors des airs de partitions artistiques. Comme cet émouvant Ils sont tombés qui reproduit, à coups de roseaux délicats, sa vision des «pendus», un des épisodes du massacre arménien. Il y a aussi les grands maîtres de la peinture, les Rembrandt, Goya, Picasso... que cet artiste révère, et dont il reprend, à sa manière, c'est-à-dire avec ce...
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