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Économie - Économie

Le patron de la Fed attentif à la baisse du dollar

Pour M. Bernanke, le dollar est seulement « revenu sur ses gains » .

Le président de la Banque centrale américaine (Fed) Ben Bernanke a affirmé hier que son institution surveillait attentivement le taux de change du billet vert et qu'elle était déterminée à agir dans le cadre de son mandat pour que le dollar reste « fort ».
M. Bernanke a tenu ces propos à New York à la fin d'un discours sur les perspectives de l'économie américaine, alors que la relative faiblesse de la monnaie américaine sur le marché des changes suscite des inquiétudes dans de nombreux pays. Par ailleurs, la Chine et les États-Unis s'accusent mutuellement de favoriser la faiblesse de leur devise respective.
« La Réserve fédérale continuera de surveiller de près » le marché des changes, a déclaré M. Bernanke. « Nous sommes attentifs aux implications de l'évolution de la valeur du dollar », a-t-il assuré.
« Nous continuerons de définir une politique protégeant contre les risques » que cela pourrait engendrer pour le « double mandat » de la Fed, qui consiste à assurer le plein emploi en même temps que la stabilité des prix.
La politique de la banque centrale « contribuera à faire en sorte que le dollar soit fort et source de stabilité pour le système financier mondial », a-t-il ajouté.
Le taux directeur de la Fed est quasi nul depuis la mi-décembre, et la banque centrale ne prévoit pas de le relever, si les conditions le permettent, avant que la reprise ne soit installée de manière durable.
Cette faiblesse des taux aux États-Unis contribue à celle du billet vert sur le marché des changes, dans la mesure où les perspectives de rendements des placements réalisés aux États-Unis sont plus faibles que dans d'autres où les taux sont plus élevés.
Hier, le porte-parole du ministère du Commerce chinois, Yao Jian, a accusé les États-Unis de « [laisser] le dollar continuer de plonger ». La veille, c'était le chef de l'autorité de régulation du système bancaire, Liu Mingkang, qui avait accusé la Fed de favoriser les pratiques spéculatives autour du dollar et de mettre ainsi en danger l'équilibre économique mondial.
Il faisait référence aux opérations spéculatives sur écarts de rendement (« carry trade ») par lesquelles des investisseurs empruntent à bas prix dans la devise d'un pays où les taux sont faibles, comme les États-Unis, pour acheter ensuite des devises étrangères et réaliser des investissements potentiellement plus juteux ailleurs.
Outre les discours officiels, Washington n'a rien entrepris de concret pour faire remonter le dollar. Or sa faiblesse soutient les exportations américaines, et ne provoque pas jusqu'ici d'inflation aux États-Unis par le biais des importations.
Pour M. Bernanke, le dollar est seulement « revenu sur ses gains » enregistrés au moment du pic de la crise financière fin 2008, époque à laquelle il avait joué un rôle de « valeur refuge ».
Ses propos ont été suffisamment sibyllins et modérés pour ne pas affoler le marché. Après avoir sursauté brièvement face à l'euro, après son discours, le dollar a repris sa baisse, signe que les opérateurs ne semblent pas parier sur une intervention de la Fed pour soutenir le biller vert.
M. Bernanke a surtout laissé entendre que la banque centrale pourrait tenir compte d'une éventuelle inflation importée pour relever son taux plus tôt que prévu. Mais cette perspective reste lointaine.
Il avait déjà répété à de maintes reprises que le meilleur moyen d'avoir un dollar fort était de ramener les États-Unis sur la voie de la croissance durable et de réduire le déficit budgétaire américain.

Le président de la Banque centrale américaine (Fed) Ben Bernanke a affirmé hier que son institution surveillait attentivement le taux de change du billet vert et qu'elle était déterminée à agir dans le cadre de son mandat pour que le dollar reste « fort ».M. Bernanke a tenu ces propos à New York à la fin d'un discours sur les perspectives de l'économie américaine, alors que la relative faiblesse de la monnaie américaine sur le marché des changes suscite des inquiétudes dans de nombreux pays. Par ailleurs, la Chine et les États-Unis s'accusent mutuellement de favoriser la faiblesse de leur devise respective.« La Réserve fédérale continuera de surveiller de près »...
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