Cette prise de position est intervenue au lendemain de la demande du Parlement kurde à M. Talabani de ne pas ratifier la loi. « Nous lui avons demandé dans une lettre de ne pas ratifier la loi car le taux de sièges (aux minorités et aux Irakiens de l'étranger) n'est pas correct et nous demandons au Parlement irakien de réviser la loi », avait déclaré dimanche soir aux députés le président du Parlement kurde Kamal Kirkouki.
Le vice-président sunnite Tarek al-Hachemi a prévenu qu'il opposerait son « veto » à la loi si les députés ne modifiaient pas ce taux. Une des responsables de la commission électorale, Hamdiya al-Husseini, a indiqué à l'AFP que si les discussions sur la loi devaient se prolonger, la date des élections prévues pour fin janvier serait repoussée.
Le 8 novembre, les députés avaient accordé seulement 5%, soit 16 sièges, aux minorités, aux Irakiens de l'étranger et aux partis n'ayant pas réussi à obtenir suffisamment de votes au niveau régional, mais dont le nombre cumulé de voix à l'échelle nationale est assez important pour qu'ils soient représentés. Le Conseil présidentiel, composé du chef de l'État - kurde - et de ses deux vice-présidents - sunnite et chiite -, demande de revenir à un taux de 15 % accordé lors des premières élections législatives de décembre 2005.
Sur le terrain, treize membres d'une tribu, qui avait participé en 2007 à une offensive contre el-Qaëda, ont été assassinés dans l'ouest de Bagdad, a affirmé hier un communiqué du porte-parole militaire de Bagdad.
Talabani à Paris
Côté diplomatique, le président irakien était attendu à Paris pour une visite d'État de quatre jours, destinée à couronner la normalisation des relations entre les deux pays après l'opposition de Paris à l'invasion américaine de l'Irak en 2003 et à conclure de nouveaux contrats.
Il s'agit de la première visite d'État jamais réalisée par un chef d'État irakien en France, Saddam Hussein n'y ayant effectué que des visites officielles ou de travail. Pour le Kurde Jalal Talabani, l'avenue des Champs-Élysées et les bâtiments publics ont été pavoisés de drapeaux irakiens.
De premiers entretiens à l'Élysée avec le président français Nicolas Sarkozy étaient prévus en soirée, avant un dîner avec les épouses, Hero Ibrahim Ahmad et Carla Bruni-Sarkozy.
Jalal Talabani déposera mardi une gerbe sur la tombe du soldat inconnu à l'arc de triomphe avant d'être reçu à la mairie de Paris et de déjeuner au Sénat. Il se rendra ensuite à l'Assemblée nationale et aura un dîner avec le Premier ministre François Fillon.

