La volonté unilatérale exprimée par les Palestiniens de se doter d'un Etat est un nouveau revers pour la stratégie américaine de recherche de la paix au Proche-Orient.
Après onze mois de blocage du processus de paix, les Palestiniens ont annoncé dimanche, dans une tentative de sortir de l'impasse, qu'ils demanderaient au Conseil de sécurité de l'ONU de reconnaître leur indépendance dans les frontières de 1967.
Washington a implicitement désapprouvé lundi l'initiative.
"Nous soutenons un Etat palestinien qui sera le résultat de négociations entre les deux parties", a répété le porte-parole du département d'Etat Ian Kelly.
La nouvelle démarche des Palestiniens "est une réaction de désespoir des Palestiniens à l'échec de la stratégie du président Barack Obama", commente pour l'AFP l'universitaire Nathan Brown, qui n'exclut pas que la Maison Blanche soutienne à terme la proposition.
Dans l'immédiat, elle place les Etats-Unis face à un dilemme, poursuit cet expert du centre Carnegie: "Si les Américains la soutiennent, ils perdent le contrôle des événements et risquent une confrontation avec Israël. S'ils s'y opposent, ils risquent d'enfoncer un clou de plus sur le cercueil" du président palestinien Mahmoud Abbas.
Ce dernier avait mis en cause ces derniers jours l'efficacité des Etats-Unis en annonçant sa volonté de jeter l'éponge et de ne pas rechercher le renouvellement de son mandat.
M. Abbas, explique son entourage, s'est senti trahi par le recul de l'Amérique sur la question du gel des implantations de colonies israéliennes en territoire palestinien.
La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a en effet jugé début novembre qu'un gel partiel de la colonisation était acceptable pour reprendre les discussions entre les deux parties, après avoir insisté pendant des mois pour un gel total, à l'unisson des Palestiniens.
Mme Clinton justifiait ce changement par l'urgence de reprendre les négociations. Or l'annonce de l'Autorité palestinienne dimanche matérialise la crainte, maintes fois exprimée par l'administration américaine, qu'un processus de paix au point mort aboutisse à un durcissement de la situation sur le terrain.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déjà prévenu que "toute action unilatérale des Palestiniens entraînera des actions unilatérales d'Israël".
Ces développements surviennent quelques mois à peine après l'offensive de charme déployée par Barack Obama en direction du monde arabe. Le succès du processus de paix était un élément central de la promesse, faite en juin au Caire par le président, de recréer la confiance entre le monde musulman et l'Occident.
Elle manifeste enfin, à nouveau, l'échec de Washington à mieux soutenir les Palestiniens, un point sur lequel Barack Obama espérait apporter un changement, en rendant ses efforts de paix plus efficaces que ceux d'une administration Bush qui a longtemps cherché à ménager d'abord Israël.
Après onze mois de blocage du processus de paix, les Palestiniens ont annoncé dimanche, dans une tentative de sortir de l'impasse, qu'ils demanderaient au Conseil de sécurité de l'ONU de reconnaître leur indépendance dans les frontières de 1967.
Washington a implicitement désapprouvé lundi l'initiative.
"Nous soutenons un Etat palestinien qui sera le résultat de négociations entre les deux parties", a répété le porte-parole du département d'Etat Ian Kelly.
La nouvelle démarche des Palestiniens "est une réaction de...


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