Donc, exit le thon. Et dans la foulée, la sole, le carrelet, la raie, l'espadon... qui ont aussi une fâcheuse tendance à stocker du mercure dans leurs filets.
De manière générale, pour continuer à manger sans paniquer, il est indispensable de ne pas s'informer. La lecture d'un seul article ou le visionnage d'un seul documentaire sur la filière agroalimentaire -semences génétiquement modifiées par Monsanto, le Frankenstein des champs ; fruits et légumes cancérigènes car élevés aux pesticides ; poules et poulets gavés en milieu concentrationnaire ; veaux, vaches et cochons dopés puis dépecés sur pied- rendrait presque séduisante la perspective de finir sa vie avec une aiguille dans le bras et, à l'autre bout du tube, une poche de sérum.
On pourrait, bien sûr, planter son petit potager. À condition, évidemment, d'avoir un bout de balcon ou un lopin de terre, et surtout le pouce vert. Car ceux qui n'ont pas le pouce vert ont rapidement la plante poulbot. Et la plante poulbot, aussi gavroche et débrouillarde que rabougrie, n'a jamais permis l'autarcie.
Fait notable, à l'ère du « Je mange, donc je suis malade », le taux d'obésité ne cesse de croître dans le monde industrialisé. Et pas seulement aux États-Unis, royaume du XXXL. En France, un adulte sur deux seulement est considéré comme ayant un poids normal. Un phénomène dont la fréquence est inversement proportionnelle au niveau d'instruction et aux revenus du foyer. En clair, moins on a fait d'études et moins on a d'argent, plus l'on a de (mal)chances d'asphyxier la balance.
Au sud de l'équateur, la corrélation s'inverse. L'obésité et ses facteurs seraient-ils sujets à la force de Coriolis ? En attendant la réponse à cette question prégnante, des constats s'imposent. Au Sud, quand on est pauvre, on n'engloutit pas des sodas gavés de sucre moins chers que l'eau. Au Sud, quand on est pauvre, on a faim. Globalement, dans le monde, un milliard de personnes ont la dalle. Un sixième de l'humanité qui crève trop la faim pour pouvoir crier famine.
Pour redonner une voix à tous ces affamés, Jacques Diouf, le directeur général de la FAO (Organisation pour l'agriculture et l'alimentation) réunie en sommet lundi, a appelé le monde à faire, 24 heures durant,... une grève de la faim. Une politique, on en conviendra, aussi vaseuse que les exhortations de nos parents à finir nos assiettes « parce que, dans le monde, il y a des enfants qui ont faim ».
Voici donc le monde embarqué dans deux guerres, celle contre la faim et celle contre l'obésité. Entre les deux, cette envie furieuse de retourner chez grand-maman, qui fait ses confitures dans des bassines de cuivre et enlève, à la main, les doryphores des plants de pommes de terre.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve