Sœur Hélène Richa et Mme Gisèle Mourad Canale, initiatrices du projet.
L'idée est venue de sœur Hélène Richa, directrice du bureau pédagogique et conseillère générale de la congrégation, et de Gisèle Mourad Canale, conseillère culturelle au bureau pédagogique des Saints-Cœurs. Cette initiative a tout de suite reçu l'aval de la supérieure générale, sœur Daniella Harrouk, devenue la marraine du projet.
Gisèle Mourad Canale explique : « Il fallait célébrer à notre manière Beyrouth, capitale mondiale du livre. Nous avons donc mis en place un projet s'articulant autour de trois axes : encourager la jeunesse à la lecture, la sensibiliser à l'industrie du livre et promouvoir le multiculturel. Il fallait donc trouver un projet qui recoupe tout ceci ainsi qu'un processus pour le mettre en œuvre. Nous avons ainsi créé un projet d'écriture afin que la lecture ne soit pas une fin en soi ; la lecture devient donc un passage obligé, un moyen, pas une finalité. »
Sœur Hélène Richa renchérit : « Nous avons choisi le thème du développement durable sur lequel les élèves de 32 établissements ont planché. Pour tous nos élèves, de Antkit à Marjeyoun, en passant notamment par Jezzine, Baalbeck, Aïn Ebel, Bickfaya, Tripoli, Batroun, Byblos, Sioufi, Aïn Najm, Beit Chabab et d'autres localités du Liban, c'était une occasion de faire connaître leur région. »
Durant un an, encadrés par leurs enseignants, les élèves des écoles des Saints-Cœurs ont planché sur le projet. Une centaine d'ouvrages ont vu le jour, en français certes, mais aussi en arabe et en anglais. Il n'y a pas eu seulement une production de livres, mais aussi de maquettes, de films, de présentations PowerPoint et autres productions multimédia.
La production est artisanale, la plupart des livres par exemple sont des pièces uniques où les élèves ont dessiné, écrit ou procédé à des collages.
En un an, le projet - qui a été travaillé pendant les heures de cours - a mobilisé notamment les profs de sciences, d'art plastique, de français, d'histoire-géo. Et de la classe de douzième à la terminale, les élèves ont donné libre cours à leur créativité.
Selon les écoles, des ouvrages ont vu le jour, tels que Connais-tu ta région ? (Antkit), Byblos (Jbeil), Batroun, ville millénaire (Batroun), À la découverte des réserves naturelles (Sioufi), Guide de Beyrouth (Aïn Najm), Si l'artisanat de Beit Chabab m'était confié (Beit Chabab), Baalbeck, la méconnue (Baalbeck) ou encore Quand les murs parlent (Zahlé).
Il y a eu aussi des livres sur l'écologie, des contes de fées, des nouvelles, des poèmes... Bref, plus d'une centaine de livres, de CD, de projets de cartes postales et d'ouvrages divers ont vu le jour et ont été exposés au Salon du livre, au stand de la Libraire Orientale. Pour la première fois dans l'histoire du salon, une école a tenu un stand et ce sont les élèves des Saints-Cœurs, venus de tout le Liban, qui ont montré, enthousiastes et fiers, le travail qu'ils ont effectué.
Des prix ont été décernés : le prix de la plus jeune plume, le prix du jeune designer, le prix du jeune illustrateur, le prix du jeune concepteur et le prix du jeune éditeur.
Les élèves et les enseignants des Saints-Cœurs commencent à travailler sur un nouveau projet pour l'année prochaine.
Pat. K.

