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Le Liban s'est doté d'un nouveau gouvernement de "désunion" (analyse)

Le nouveau gouvernement au Liban affichera une union de pure forme, les deux camps rivaux restant profondément divisés sur des dossiers épineux tel l'arsenal du Hezbollah, estiment des analystes.

"La formation de ce gouvernement dit d'+union+, n'est qu'une formalité", déclare mardi à l'AFP Oussama Safa, directeur du centre libanais pour les études politiques.

Ce n'est qu'au bout de cinq mois que Saad Hariri, chef de la majorité parlementaire appuyée par l'Occident, est parvenu à former lundi un gouvernement d'union avec la minorité parlementaire menée par le Hezbollah, en cédant aux demandes de celle-ci sur la répartition des portefeuilles.

Mais, selon des analystes et les médias locaux, ce gouvernement ne sera qu'un terrain de disputes entre la majorité et la minorité soutenue par Damas et Téhéran, qui s'accusent mutuellement d'être à la solde de puissances étrangères.

"Le gouvernement des deux tranchées", résume le quotidien Al Akhbar proche de la minorité.

La question majeure divisant les deux camps est celle de l'arsenal du Hezbollah, considéré comme une organisation terroriste par Washington et qui prône la résistance armée contre Israël.

Ce dossier fait l'objet depuis 2006 d'une "table de dialogue national" à laquelle participent l'ensemble des leaders politiques, ce qui fait douter les analystes de l'utilité d'un pouvoir exécutif.

"Les institutions dans ce pays, dont le gouvernement, n'ont aucune efficacité", juge M. Safa. "Le dialogue national est une chose 'extra-institutionnelle' qui montre qui gouverne réellement le pays", dit-il, en référence au Hezbollah.

Pour les analystes, le mouvement chiite est effectivement la seule force réelle sur le terrain, malgré la victoire du camp mené par M. Hariri aux législatives du 7 juin et ce sera le Hezbollah qui dictera, derrière les coulisses, les actions du gouvernement.

"C'est lui qui détient le véritable pouvoir", déclare à l'AFP Rafic Khoury, rédacteur en chef du quotidien indépendant Al Anouar.

D'ailleurs, pour les experts, M. Hariri a cédé face au camp du Hezbollah de crainte d'un renouvellement des heurts sanglants de mai 2008.

Le gouvernement d'alors -dominé par la majorité actuelle- avait pris la décision d'enquêter sur le réseau de télécommunications propre au Hezbollah, déclenchant un coup de force du mouvement à Beyrouth où des combats sanglants entre partisans des deux bords ont fait craindre une nouvelle guerre civile.

"Cela montre que rien ne se passe sans que cela ne soit approuvé par le Hezbollah. Il obtient ce qu'il veut grâce à ses armes", dit M. Safa, qui met en garde contre "un nouveau round de violences s'il n'y a pas un changement sur le fond".

En attendant, le nouveau gouvernement connaîtra, selon les experts, l'échec des gouvernements précédents: en 2006, le Hezbollah et ses alliés ont claqué la porte pour réclamer un droit de veto, et le cabinet de 2008 a été accusé d'immobilisme.

"Dans tout gouvernement de coalition, les différentes parties sont d'accord au moins sur un programme", explique M. Khoury. "Ici, cela fait cinq mois qu'ils se disputent sur des portefeuilles et ils ne sont d'accord sur rien".

D'emblée, M. Hariri a appelé à ce que le Conseil des ministres ne soit pas "un lieu de querelles".

Mais, selon M. Khoury, "à chaque séance, il y aura des disputes".

"S'il n'y a pas de consolidation du consensus national, ce gouvernement va gérer la crise et fera du surplace", prévient Fadia Kiwane, directrice du département de sciences politiques à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth.

"Nous allons vers une instabilité politique et une insécurité, car le Liban reste, qu'on le veuille ou pas, un champ de bataille pour les différentes puissances", ajoute-t-elle.

Le nouveau gouvernement au Liban affichera une union de pure forme, les deux camps rivaux restant profondément divisés sur des dossiers épineux tel l'arsenal du Hezbollah, estiment des analystes.
"La formation de ce gouvernement dit d'+union+, n'est qu'une formalité", déclare mardi à l'AFP Oussama Safa, directeur du centre libanais pour les études politiques.
Ce n'est qu'au bout de cinq mois que Saad Hariri, chef de la majorité parlementaire appuyée par l'Occident, est parvenu à former lundi un gouvernement d'union avec la minorité parlementaire menée par le Hezbollah, en cédant aux demandes de celle-ci sur la répartition des portefeuilles.
Mais, selon des analystes et les médias locaux, ce gouvernement ne sera qu'un terrain de...