Deux nœuds principaux subsistaient encore hier peu avant l'annonce du gouvernement : le premier, concernant le député Boutros Harb, a été réglé in extremis. Mais le second, qui a trait à l'insistance des Kataëb pour obtenir le ministère de l'Éducation, est resté entier.
La mouture gouvernementale définitive attribue le ministère des Affaires sociales au candidat des Kataëb, Sélim Sayegh, celui de l'Éducation changeant de titulaire, mais restant aux mains du Courant du futur.
La formule compensatoire n'a apparemment pas satisfait le président des Kataëb, Amine Gemayel, et la direction de Saïfi est restée réunie jusque tard dans la nuit pour étudier les options possibles.
Le bruit a circulé un moment que pour exprimer leur désaccord, les Kataëb iraient jusqu'à s'exclure volontairement du gouvernement, mais il semble qu'on n'est pas encore parvenu à ce stade, d'autant que le président de la République, Michel Sleiman, et le Premier ministre, Saad Hariri, ont téléphoné à M. Gemayel pour tenter d'arrondir les angles.
Finalement, il a été décidé de tenir dans les prochaines heures une conférence de presse pour exposer les griefs du parti contre la manière avec laquelle le cabinet a été formé.
Pour ce qui est de M. Harb, on sait qu'il briguait le ministère de la Justice, qui est finalement resté aux mains du ministre sortant, Ibrahim Najjar, proche des Forces libanaises, ainsi que le voulait le chef des FL, Samir Geagea.
Il a donc été question pour le député de Batroun, triomphalement réélu en juin dernier dans sa circonscription, de ne pas se joindre à l'équipe ministérielle. Mais, en définitive, il a changé d'avis à la suite d'une importante manifestation de solidarité de la part des représentants du 14 Mars à son domicile à Hazmiyé. ...De solidarité, mais aussi de pression pour qu'il accepte le ministère du Travail en compensation.
Les responsables du secrétariat général du 14 Mars et d'autres représentants de l'alliance, comme Nayla Moawad, Dory Chamoun, Atef Majdalani, Georges Adwan, Antoine Zahra, ainsi que Carlos Eddé, se sont ainsi joints à des délégations venues du caza de Batroun pour exhorter M. Harb à entrer au gouvernement.
S'exprimant au nom de l'alliance, M. Adwan a minimisé les divergences sur les portefeuilles au sein de la majorité et rappelé que l'objectif de celle-ci était l'édification de l'État et la défense de la Constitution, estimant que la présence de M. Harb au sein du cabinet était essentielle pour le 14 Mars.
Quant à M. Harb, il a affirmé qu'il n'avait pas d'ambition ministérielle précise, et qu'il accepterait volontiers le ministère du Travail, si cela devait lui permettre de « se mettre au service du Liban ».
D'autres couacs pouvaient aussi être redoutés hier soir, toujours chez les chrétiens du 14 Mars, mais ils demeuraient officiellement inexprimés par les parties concernées. Ainsi, les FL, qui ont obtenu satisfaction avec le maintien de M. Najjar à la Justice, n'ont en revanche pas été suivis pour leur deuxième candidat, Imad Wakim, pressenti pour les Affaires sociales.
Quant au député de Beyrouth, Michel Pharaon, qui se considère comme le principal représentant de la communauté grecque-catholique au sein du cabinet, il avait lui-même clairement signifié qu'il ne se satisferait pas d'un ministère d'État. Or il se voit attribuer le ministère d'État pour les Relations avec le Parlement qui est à mi-chemin entre le ministère d'État tout court et un portefeuille en bonne et due forme.


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