Il faut également évoquer ici l'affaire dite des « sables » dans laquelle sont impliqués des entrepreneurs qui, à défaut de se contenter de remplir leur mission de nettoyage, en profitent pour « aspirer » d'énormes quantités de sable des profondeurs de la mer avant de les revendre à prix fort, tant et si bien qu'ils ont modifié par endroits la profondeur de l'eau. Dans certaines zones, celle-ci est en effet passée de 3 mètres à 15 mètres. Les régions touchées englobent Nahr el-Kalb, Jiyeh, Abdeh...
Plus récemment, un stock de lait contaminé par une matière radioactive a été découvert. Les autorités concernées ont déféré le responsable devant la cour compétente, mais celle-ci s'est contentée d'ajourner la session tout en demandant au suspect de mandater un avocat pour sa défense. Résultat des courses : le stock s'est retrouvé sur le marché local.
Autre secteur, autres problèmes : un grand entrepreneur, chargé de bâtir un axe routier ainsi que des trottoirs et l'éclairage y afférent dans la région de Jdeidé, s'est contenté de construire l'axe en question en laissant en plan toute la zone autour de la route en question, après avoir bien entendu empoché la somme versée par l'État, laquelle représentait le coût du projet dans sa totalité. À Jounieh, c'est une station-service construite ni plus ni moins sur le domaine public et pour laquelle l'État a obtenu gain de cause grâce à une série de décisions judiciaires assorties de tous les documents probants nécessaires, qui demeure telle quelle, intouchable en quelque sorte.
Une série d'exemples qui ne côtoie même pas le degré de corruption qui existe au sein de l'administration. Des exemples qui prouvent aussi que la corruption n'a aucune limite, qu'elle s'attaque à tous les domaines de la vie quotidienne et qu'elle finit - comme le prouve l'exemple du lait contaminé - à se retourner même contre son propre initiateur. Devant l'ampleur du phénomène, force est de constater que s'il n'y avait qu'une seule réforme à faire, elle concernerait la justice, rouage essentiel pour la bonne marche et la santé de l'État. Les intentions existent certes, mais le problème le plus récurrent reste l'absence de persévérance et de planification à long terme.

