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Liban - Citoyen Grognon

Inhospitaliers trottoirs

Il est des quartiers comme Achrafieh, où les habitants préfèrent faire leurs courses à pied. Quoi de mieux pour éviter les embouteillages, pour se dégourdir les jambes ou pour gagner de précieuses minutes avec, en moins, la contrainte de devoir trouver une place pour se garer ?
Seulement voilà, les habitants de ce quartier résidentiel sont mécontents. Mécontents parce qu'ils doivent se livrer à diverses manœuvres, à des acrobaties parfois, pour se rendre à la librairie, à la banque ou tout simplement chez l'épicier du coin. Parce que les trottoirs sont inhospitaliers et parsemés d'embûches.
La jeunesse s'adapte sans rechigner. Quelques obstacles de plus ou de moins ne sont pas pour la dissuader. Mais ces obstacles sont loin d'être au goût des personnes âgées, des mères de famille promenant leurs bébés en poussette ou des handicapés, qui ont déserté les trottoirs. Les plus téméraires d'entre eux circulent carrément au milieu de la chaussée, au risque de se faire faucher par les voitures. Les autres, découragés, préfèrent s'abstenir.
Rares donc sont les trottoirs dignes de ce nom, dessinés et exécutés pour les piétons et rien que pour eux. Ici, ils sont trop hauts pour les jambes fatiguées des personnes âgées. Ailleurs, ils sont tellement bas que les voitures, mobylettes et autres engins en mal de places de parking y ont élu domicile de manière permanente. Plus loin, pas question d'engager une poussette ou un fauteuil roulant, car même les trottoirs équipés de pentes sont rarement accessibles.
Sur ces trottoirs trônent tellement de pylônes, de réverbères, de poteaux inutiles, de panneaux indicateurs, de porte-poubelle sans poubelle, d'arbres même, qu'il est difficile de ne pas se heurter la tête, le corps ou les pieds. Ces trottoirs regorgent aussi de cabines téléphoniques, de parcmètres ou de relais-
miniatures téléphoniques. Au hasard d'une rue, des blocs de béton obstruent même le passage des piétons, histoire d'empêcher les voitures de grimper sur les trottoirs. Plus loin, c'est tout bonnement les poubelles qui débordent et qui empêchent le citoyen de se frayer un chemin. Sans compter les bancs, installés parfois pour faire joli, mais sur lesquels personne ne s'assied et qui prennent pas mal de place.
Certes, Beyrouth n'est pas une capitale fleurie. Mais est-il vraiment nécessaire d'orner certains trottoirs déjà assez encombrés de pots de plante et de bac à fleurs ? Procédé auquel ont recours nombre d'enseignes commerciales, hôtelières ou autres, pour empêcher quiconque d'élire domicile devant leur entrée. Lesquelles enseignes ne se privent pas non plus d'installer sur toute la largeur du trottoir des tentes transparentes où s'installent leurs valets parking. Au mépris du piéton, encore une fois.
Cela n'est pas tout. Le citoyen chanceux qui aura réussi à poursuivre son chemin malgré tous les obstacles devra bien regarder où il pose les pieds. Jalonnés de trous et de bosses, parfois éventrés par les voitures ou les racines des arbres, certains trottoirs sont de véritables dangers publics. Difficile de ne pas se prendre le pied dans leurs innombrables pièges ou simplement de ne pas glisser sur les crottes de chien, même lorsqu'on est jeune et solide sur ses jambes.
Que dire enfin lorsque certains trottoirs, détruits par les bulldozers, attendent depuis plusieurs semaines d'être reconstruits, au grand dam des habitants, fatigués de louvoyer entre les voitures ?
Mais encore une fois, qui se soucie de la sécurité des piétons ? Non seulement ceux d'Achrafieh, bien entendu !

Il est des quartiers comme Achrafieh, où les habitants préfèrent faire leurs courses à pied. Quoi de mieux pour éviter les embouteillages, pour se dégourdir les jambes ou pour gagner de précieuses minutes avec, en moins, la contrainte de devoir trouver une place pour se garer ?Seulement voilà, les habitants de ce quartier résidentiel sont mécontents. Mécontents parce qu'ils doivent se livrer à diverses manœuvres, à des acrobaties parfois, pour se rendre à la librairie, à la banque ou tout simplement chez l'épicier du coin. Parce que les trottoirs sont inhospitaliers et parsemés d'embûches. La jeunesse s'adapte sans rechigner. Quelques obstacles de plus ou de moins ne sont pas pour la dissuader. Mais ces...
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