Le commandant Nidal Malik Hasan, né aux États-Unis mais d'origine palestinienne, a déclenché jeudi à Fort Hood (Texas, Sud) la plus grave fusillade jamais enregistrée dans une base militaire américaine, avant d'être blessé et maîtrisé. Le tireur « est dans un état (stable) et il est dans l'un de nos hôpitaux civils » sous respirateur artificiel, après avoir été touché par balle, a déclaré le colonel Steven Braverman, qui commande le centre médical de la base. Une bande vidéo de surveillance diffusée par CNN montre le tireur, portant une tunique blanche, dans un magasin de la base quelques heures avant qu'il n'ouvre le feu. La vidéo montre Hasan en train de converser avec le propriétaire, également d'origine arabe. « Il avait l'air normal. Il est venu et a pris du café et un plat de pommes de terre », a dit le propriétaire du magasin.
Selon le colonel John Rossi, un autre officier, quelque 400 personnes se sont retrouvées sur le lieu de la fusillade, en comptant les soldats déjà présents, des civils et ensuite les secours et forces de l'ordre. C'est cette confusion qui a amené à indiquer au départ que le tireur était décédé, a-t-il expliqué.
Le général Robert Cone, commandant de la base, a indiqué hier sur la chaîne NBC qu'il y avait « des témoignages de première main de soldats » indiquant qu'il aurait crié « Allah akbar » avant la fusillade.
Lors d'une conférence de presse, un responsable de la base a indiqué que l'officier psychiatre de 39 ans devait être prochainement déployé en Afghanistan, mais le colonel Rossi a refusé de s'exprimer sur ses possibles motivations. « À ce stade, nous n'allons pas spéculer sur le mobile », a-t-il dit, précisant que l'armée et les forces de l'ordre locales ainsi que fédérales menaient l'enquête.
La famille de Hasan s'est déclarée « en état de choc et attristée devant les événements terribles de Fort Hood ». « Notre famille aime l'Amérique. Nous sommes fiers de notre pays », a assuré la famille dans un communiqué. Nader Hasan, un cousin du tireur, avait indiqué auparavant que le commandant Hasan « était mortifié par l'idée d'être déployé » à l'étranger, se plaignait de harcèlement par des soldats du fait de son origine musulmane et cherchait à quitter l'armée.
Concernant son rapport avec la religion, l'imam Faizul Khan a précisé qu'à Washington, où il a travaillé dans un hôpital militaire avant d'être transféré au Texas, Nidal a fréquenté une mosquée au moins une fois par jour, sept jours par semaine. L'imam a précisé au Washington Post que le psychiatre était « pratiquant assidu, sociable et affable » et qu'il n'était pas extrémiste.
Un ancien collègue du tireur a estimé néanmoins qu'il avait exprimé le désir de voir les musulmans « se battre contre l'agresseur » en Irak et en Afghanistan.
Une vidéo à la gloire de l'opération « jihadiste » du commandant Hasan a par ailleurs été mise en ligne sur un forum islamiste, rapporte le centre américain de surveillance des sites Internet islamistes SITE.
En signe de deuil, le président Barack Obama a ordonné hier la mise en berne des drapeaux sur tout le territoire jusqu'au 11 novembre, tandis que le chef d'état-major interarmées, l'amiral Michael Mullen, appelait les Américains à observer un moment de recueillement à 14h34. « Nous ne connaissons pas encore toutes les réponses. Je mets en garde contre des conclusions hâtives jusqu'à ce que nous ayons tous les faits », a ajouté le président, alors que l'armée a ordonné un renforcement des mesures de sécurité sur ses bases dans tout le pays.
« Voir tomber ces braves Américains sur le champ de bataille à l'étranger est déjà assez difficile. Les voir pris pour cibles sur une base militaire et sur le sol américain est effroyable », a-t-il également déclaré.

