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Moyen Orient et Monde - Éclairage

La nouvelle assurance de la Syrie face à l’Occident

Sortie de son isolement international imposé par l'ex-président américain George W. Bush, Damas est désormais un interlocuteur à ne pas négliger.
Fin de son isolement diplomatique, renforcement de ses relations avec Ankara, nombreuses visites à Damas de responsables occidentaux : la Syrie affiche une nouvelle assurance face à l'Occident, se permettant même de bouder l'UE et son accord de partenariat. Alors que l'Union européenne espérait signer le 26 octobre un accord d'association avec la Syrie, longtemps gelé par les Européens, cette signature a été reportée à une date indéterminée à la demande de Damas afin de « réviser » le texte et défendre au mieux ses intérêts.
Dans le même temps, Damas s'appliquait à renforcer ses relations avec les grandes puissances régionales. Forte déjà de l'appui de l'Iran chiite, un allié de poids depuis des années, la Syrie a accueilli le 8 octobre le roi Abdallah d'Arabie saoudite, pays avec lequel les relations étaient au plus mal. Cette rare visite a permis notamment d'afficher la nécessité de la formation d'un gouvernement d'union au Liban, l'une des pommes de discorde entre les deux pays.
Damas a également resserré un peu plus ses liens avec Ankara. Mi-septembre, la Syrie et la Turquie avaient signé un accord instituant un « conseil de coopération stratégique de haut niveau » en vue d'une intégration économique, et ouvert leurs frontières en supprimant les visas. Les deux voisins, aux relations tendues dans les années 1980 et 1990, avaient mené conjointement en avril leurs premières manœuvres militaires. Et en 2008, la Turquie avait servi d'intermédiaire à des négociations de paix indirectes entre la Syrie et Israël, actuellement dans l'impasse. Aux yeux des Syriens, des relations solides avec la Turquie en passe de devenir une puissance économique mondiale, « rendraient les rapports avec l'Europe moins importants », juge l'analyste Riad Qahwaji, basé à Dubaï. Avec la Turquie, « la Syrie n'est pas obligée de faire des concessions politiques » comme c'est le cas avec l'UE qui reproche à Damas la situation des droits de l'homme dans ce pays, souligne M. Qahwaji, directeur de l'Institut du Proche-Orient et du Golfe pour les analyses militaires (Inegma).
Sortie de son isolement international imposé par l'ex-président américain George W. Bush, la Syrie est désormais devenue un interlocuteur à ne pas négliger, à en juger par les très nombreuses visites de responsables européens, américains et arabes, estiment des observateurs. La France et les États-Unis, notamment, ont multiplié les ouvertures avec la conviction que Damas pouvait apporter une contribution importante à la recherche de solutions en Irak, au Liban et dans le conflit israélo-palestinien. « Tout cela donne de l'assurance au pouvoir syrien », a commenté M. Qahwaji.
Toutefois, « c'est une période de légers tiraillements » entre la Syrie et les États-Unis, a noté pour sa part Paul Salem, directeur de Carnegie Center du Moyen-Orient, basé à Beyrouth. Même si l'administration du président américain Barack Obama a décidé de nouer un dialogue avec Damas, les États-Unis et la Syrie divergent toujours sur des dossiers importants. Washington souhaite que Damas cesse ses « ingérences » dans les affaires de ses voisins libanais et irakien, et son soutien au Hezbollah et au Hamas.
Mardi, dans une interview à la télévision américaine al-Hurra, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a exprimé le souhait de « voir des changements dans le comportement et les actions de la Syrie ». De son côté, le président syrien Bachar el-Assad, tout en se félicitant de la « nouvelle approche » des États-Unis envers son pays, a critiqué le 1er novembre l'absence d'avancées concrètes de la part de l'administration Obama.
Fin de son isolement diplomatique, renforcement de ses relations avec Ankara, nombreuses visites à Damas de responsables occidentaux : la Syrie affiche une nouvelle assurance face à l'Occident, se permettant même de bouder l'UE et son accord de partenariat. Alors que l'Union européenne espérait signer le 26 octobre un accord d'association avec la Syrie, longtemps gelé par les Européens, cette signature a été reportée à une date indéterminée à la demande de Damas afin de « réviser » le texte et défendre au mieux ses intérêts.Dans le même temps, Damas s'appliquait à renforcer ses relations avec les grandes puissances régionales. Forte déjà de l'appui de...
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