Tout le monde s'accorde à dire que nous sommes l'enjeu des combines d'une poignée de mégalomanes, qui par leurs intrigues et leurs manœuvres jouent froidement notre avenir et notre vie.
Tout cela est malheureusement bien vrai, mais rejeter la responsabilité uniquement sur eux serait une grande erreur. N'oublions pas que nous sommes intolérants ; nous avons tous un instinct combatif et nous avons oublié cette base fondamentale de la vie : nous sommes tous frères, tous pareils, mais peut-être pareillement victimes. Victimes des mensonges dispensés depuis des générations par nos politiciens, nos éducateurs, nos chefs spirituels et même nos parents. On nous a inculqué la croyance à la supériorité d'une religion ou d'une communauté sur les autres et le droit de la dominer. Nous sommes tous, depuis des générations, artificiellement fanatisés, chauffés à blanc, prêts nous ruer les uns sur les autres sans savoir pourquoi.
Notre Liban est actuellement dans l'impasse et à un grand croisement de routes.
Pour moi il n'y a que trois possibilités :
- La réorganisation fédérative du pays
- Des guerres successives jusqu'à épuisement de tous. C'est vrai que, par son histoire, le Libanais est destructeur par instinct et cherche à mettre périodiquement par terre tout ce qu'il a péniblement édifié
- Ou bien une nouvelle organisation plus saine, basée sur la justice et la fraternité. Ou à tout le moins sur la compréhension mutuelle avec idées de solidarité humaine et de civilisation collective, qui tendrait à se substituer à celles des communautés.
Tous nous voulons voir un Liban uni, vrai, juste, régi enfin par l'intelligence et la raison, la générosité et la justice.
Est-ce que nous sommes capables de remettre en question toute notre culture, nos valeurs et notre éducation ? Est-ce que ces hommes qui nous gouvernent sont capables de reconnaître leurs erreurs ? Je le souhaite réellement. Il ne s'agit pas là uniquement d'attendrissantes illusions. Je suis persuadé que le Libanais est apte à trouver une paix générale, sans vainqueur et sans humilier son voisin. Cette paix ne laissera aucun ferment de revanche derrière elle.
Il n'y a que la justice pour empêcher le retour de l'esprit de guerre.


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