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Liban - Texto

Magique stagnation

Les questions se bousculent et demeurent sans réponse. D'abord, les responsables se sentent-ils, ne serait-ce qu'un tout petit peu, redevables à l'égard de leurs électeurs, de ceux qui se sont bousculés aux urnes le 7 juin dernier ? Ensuite, ont-ils seulement une vague idée de la manière dont ils vont justifier cette interminable stagnation ?
Toutes les couleurs. Les Libanais en ont vu de toutes les couleurs. De la pire guerre à la pire tutelle, à la pire des violations des libertés publiques et de la liberté d'expression. Puis, après des années de souffrance, il y a eu l'impensable. Il y a eu l'espoir. L'espoir de se bâtir par soi-même, pour soi-même. Sans les « autres », sans tous ceux qui ont cherché des années durant à détruire ce pays-message tant loué à chaque fois que quelqu'un, quelque part dans le monde, a besoin de citer un exemple de coexistence entre communautés différentes... Il y a donc eu cet espoir tellement fou en 2005 qu'il a presque fallu, histoire de lui donner une dimension humaine, qu'une alliance quadripartite vienne le freiner, le redimensionner et rappeler à tous ceux qui l'auraient oublié qu'au Liban, ça se passe finalement « comme ça » et pas autrement.
Mais la magie 7 juin était, elle, contre toute attente, bien réelle. De même que le verdict des urnes. Ce verdict rendu possible par des électeurs décidés, une fois pour toutes, à faire entendre leur voix. À s'impliquer dans une vie politique qu'ils sont conscients d'avoir trop souvent délaissée, gagnés par la désillusion, la résignation et l'amertume.
Cette magie, cette euphorie méritée, durement acquise du 7 juin s'est, cette semaine, définitivement, irrémédiablement envolée. Car le processus de formation du nouveau cabinet s'est trop longtemps apparenté, ces derniers mois, aux fluctuations boursières pour rester crédible. La magie s'est irrémédiablement envolée, car il n'est pas rationnel ni admissible que l'optimisme béat de la veille se transforme soudain, le lendemain matin, en une stagnation sans fin, et ce depuis plus de quatre mois. Les électeurs, le 7 juin dernier, ont donné leur voix pour que leurs représentants décident pour eux. Pas pour qu'ils les tiennent otages de leur incapacité à trancher. Ces derniers, du moins pour le moment, ne semblent pas se préoccuper de ce qui n'est plus aujourd'hui qu'un simple détail, même pas historique. Alors, de là à se justifier auprès de ceux-là mêmes qui les ont portés au pouvoir...
Les questions se bousculent et demeurent sans réponse. D'abord, les responsables se sentent-ils, ne serait-ce qu'un tout petit peu, redevables à l'égard de leurs électeurs, de ceux qui se sont bousculés aux urnes le 7 juin dernier ? Ensuite, ont-ils seulement une vague idée de la manière dont ils vont justifier cette interminable stagnation ?Toutes les couleurs. Les Libanais en ont vu de toutes les couleurs. De la pire guerre à la pire tutelle, à la pire des violations des libertés publiques et de la liberté d'expression. Puis, après des années de souffrance, il y a eu l'impensable. Il y a eu l'espoir. L'espoir de se bâtir par soi-même, pour soi-même. Sans les « autres », sans tous ceux qui ont...
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