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Liban - La Situation

Le blocage revient, le malaise avec

Gouverner, ne pas gouverner, telle est la question qui semble tarauder de plus en plus l'esprit des responsables locaux. Après l'euphorie du lundi et du mardi derniers, place maintenant au plus aride des déserts politiques. Après avoir formulé dans la nuit de mardi à mercredi une imprévue, énième, et impossible exigence - en demandant le portefeuille de l'Économie au lieu de celui des Déplacés -, le Courant patriotique libre affirmait hier par le biais du député Sélim Salhab qu'il n'arrivait pas à véritablement cerner « la source du nœud gouvernemental » mais qu'il était désormais sûr que « l'origine du problème est bel et bien interne », tout en prenant soin de souligner que « le député Michel Aoun ne veut pas bloquer la formation du gouvernement ». Quelque quatre mois après les législatives, cette information devient quelque peu superflue.
Alors, il ne faut pas se voiler la face, le retour à la case départ était effectif dès hier soir, à l'aune des dernières exigences d'un CPL qui a, à en croire une source informée, obtenu le soutien du Hezbollah et du mouvement Amal avant de s'autoriser un dernier caprice de diva. La source précitée indique en effet que Michel Aoun avait, dès mardi soir, dépêché Gebran Bassil chez Nabih Berry et Hassan Nasrallah qui lui ont tous deux fait savoir qu'ils le soutenaient totalement dans sa démarche. « L'opposition intégrera le gouvernement en étant unie, ou elle restera hors du cabinet », ont ainsi fait savoir les pôles du 8 Mars, avant d'enjoindre Saad Hariri de « régler la situation avec Michel Aoun », tout en ne manquant pas de relever que « certains éléments de la majorité s'attellent à bloquer la création du nouveau gouvernement sous influence extérieure ».
En dépit de ces développements pour le moins décourageants, et quelques heures seulement avant la tonitruante déclaration de Michel Aoun à l'issue de la réunion hebdomadaire de son bloc, le président de la République Michel Sleiman avait affirmé hier matin qu'il existait une « très grande probabilité de voir le gouvernement prendre forme avant la fin de la semaine ». Ces échos de Baabda sont toutefois restés orphelins, car les propos de Michel Aoun sont tombés dans l'après-midi d'hier comme un couperet, sapant tout espoir d'assister de sitôt à la naissance du nouveau cabinet. Le chef du CPL s'en est d'abord ouvertement pris au patriarche maronite Nasrallah Sfeir, avant de prendre fait et cause pour l'arsenal du Hezbollah. Peu de temps auparavant, Hussein Hajj Hassan assurait pourtant qu'un grand nombre de problèmes avaient été résolus, et qu'il ne restait plus « qu'un ou deux obstacles qui sont en train d'être traités », tout en mettant l'accent sur « l'action négative de certaines parties qui œuvrent pour entraver la naissance d'un accord ». Ce dernier, après s'être entretenu avec Ghazi Aridi, a d'autre part affirmé qu'il faut « laisser aux parties le temps de se mettre d'accord », estimant ainsi totalement superflu de s'embarrasser de « délai » maximal pour la formation du cabinet.
D'autre part, le fait pour Nabih Berry d'avoir rechigné à se rendre place de l'Étoile et au palais présidentiel est tout aussi significatif du malaise qui a finalement repris le dessus, en dépit de toutes les gesticulations qui ont pu, un temps, faire croire que le déblocage tant espéré était imminent. Du côté de la majorité, très peu de voix se sont exprimées hier, signe de l'état de profonde perplexité dans lequel se trouve Saad Hariri. Pour Antoine Zahra, il est évident que seul « Gebran Bassil détient la clé de la relation qui lie Michel Aoun au Hezbollah, car il est la seule personne capable de contredire le chef du CPL ». Et M. Zahra de rappeler la mise en garde du Hezbollah rendue publique mardi soir et selon laquelle « si le gouvernement ne voit pas le jour rapidement, le pays risque de sombrer dans une très longue crise ». Pour lui, cette mise en garde n'est pas innocente, car le Hezbollah maîtrise parfaitement la conjoncture régionale et sait comment la situation va évoluer.
Face au blocage interne, les regards se tournent une nouvelle fois vers les pays de la région. D'ailleurs, de Téhéran - où le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Moallem se trouvait -, une déclaration conjointe de M. Moallem et de son homologue iranien Manouchehr Mottaki a fusé : « Ni la Syrie ni l'Iran n'entravent la formation d'un gouvernement au Liban », ont-ils, affirmé d'une voix. Encore une occasion de pointer du doigt l'incapacité des Libanais à se gouverner. À Beyrouth, personne n'a encore trouvé utile de réagir en hâtant la naissance du gouvernement.

Gouverner, ne pas gouverner, telle est la question qui semble tarauder de plus en plus l'esprit des responsables locaux. Après l'euphorie du lundi et du mardi derniers, place maintenant au plus aride des déserts politiques. Après avoir formulé dans la nuit de mardi à mercredi une imprévue, énième, et impossible exigence - en demandant le portefeuille de l'Économie au lieu de celui des Déplacés -, le Courant patriotique libre affirmait hier par le biais du député Sélim Salhab qu'il n'arrivait pas à véritablement cerner « la source du nœud gouvernemental » mais qu'il était désormais sûr que « l'origine du problème est bel et bien interne », tout en...
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