Le ministre d'État Youssef Takla a dénoncé, dans une déclaration à la presse, le fait que les forces politiques tentent d'imposer leurs ministrables au président de la République et au Premier ministre désigné. « Toutes les factions peuvent présenter les noms de leurs ministrables, mais elles ne peuvent imposer aucun nom, a déclaré M. Takla. Aucune coutume ne prévoit que les forces politiques imposent leurs ministres. » M. Takla a, d'autre part, déclaré que « des élections législatives ont eu lieu et ont débouché sur l'émergence d'une majorité et d'une minorité ». « Il faut prendre ces résultats en considération », a-t-il affirmé, avant de souligner qu'à son avis, le nouveau gouvernement verra le jour prochainement.
M. Takla a, par ailleurs, indiqué que le président Michel Sleiman a élaboré un important projet portant sur un statut d'état civil facultatif. Soulignant en outre la nécessité de mettre en application la décentralisation administrative élargie et de mettre sur les rails le chantier de l'abolition du confessionnalisme, M. Takla s'est prononcé pour le renforcement des prérogatives du président de la République.
Makary : Nous sommes entre le droit démocratique de la majorité et le fait imposé par les armes de la minorité
Le vice-président de la Chambre, Farid Makary, a appelé hier à maintenir, malgré la quasi-impasse actuelle, un climat d'optimisme concernant la formation du cabinet.
« En fin de compte, nous voulons tous un cabinet et des institutions. Un grand nombre de Libanais nous soutiennent de ce point de vue », a indiqué M. Makary, qui s'exprimait dans le cadre de l'inauguration d'un projet de rénovation de maisons classées à Batroumine, dans le Koura.
« Dans n'importe quel pays démocratique, la majorité a le droit de former le gouvernement et l'opposition de s'opposer. Mais il semble que l'équation ait changé au Liban. La majorité, qui a gagné les élections, doit faire face aux armes, et nous voilà aujourd'hui entre le droit démocratique de la majorité et la force des armes pour imposer les conditions de l'opposition », a noté Farid Makary.
Machnouk : Le Hezbollah ne veut pas d'un gouvernement
Le député de Beyrouth Nohad Machnouk, membre du bloc parlementaire « le Liban d'abord » (présidé par Saad Hariri), a affirmé, dans une interview à la LBCI, que « les conditions posées par l'opposition en vue de la formation du gouvernement ne peuvent pas être satisfaites par le Premier ministre désigné Saad Hariri, et de ce fait, l'opposition ne veut pas d'un gouvernement ». « Lorsque le Hezbollah lie sa position à celle du chef du CPL, le général Michel Aoun, cela signifie qu'il ne veut pas de la naissance du cabinet », a déclaré M. Machnouk qui a affirmé dans ce cadre que « l'opposition impose des conditions afin de changer la structure et la nature du système politique de manière progressive ».
En conclusion, M. Machnouk a souligné que les propos tenus par le chef du courant des Marada, le député Sleimane Frangié, indiquent que celui-ci désire faciliter la mise sur pied du cabinet.
« Pourquoi cette attitude n'est-elle pas partagée par les autres factions de l'opposition ? » s'est interrogé en conclusion M. Machnouk.
Massoud Achkar prône un amendement de Taëf
M. Massoud Achkar s'est prononcé pour un amendement de l'accord de Taëf « afin de clarifier les clauses litigieuses, notamment en ce qui concerne les délais constitutionnels pour la formation du gouvernement et la répartition des postes au sein des administrations publiques ». M. Achkar a également prôné le renforcement des prérogatives du président de la République afin de « rétablir l'équilibre entre les pouvoirs, d'autant que le chef de l'État a présentement une autorité inférieure à celle d'un ministre ». Et de se prononcer en outre pour la mise en application de la décentralisation administrative et la formation du Sénat,
comme le stipule l'accord de Taëf.
Jouzou se déchaîne contre la classe politique
Le mufti (sunnite) du Mont-Liban, cheikh Mohammad Ali Jouzou, a tiré à boulets rouges sur la classe politique en place, s'élevant contre son laxisme face à la crise actuelle et dénonçant, par la même occasion, les clivages sectaires et confessionnels ainsi que les polémiques politiciennes. « Le peuple libanais, a notamment déclaré cheikh Jouzou, est fatigué de cette classe politique qui s'est imposée à lui par la force. Qui êtes-vous, vous qui occupez la scène politique au Liban, et quelle est votre véritable identité ? » s'est interrogé le dignitaire religieux.
Et cheikh Jouzou d'ajouter : « Pourquoi les habitants du Liban n'émigrent-ils pas tous, pourquoi ne sont-ils pas livrés en cadeau à la Syrie, aux agents de la Syrie et aux vassaux des services de renseignements syriens ? Comment certains de ses habitants ont-ils la nostalgie de Anjar et des officiers de Anjar (siège des SR syriens à l'époque de l'occupation syrienne) ? Les maronites ne sont-ils pas venus de Syrie ? Qu'ils retournent en Syrie, que tout le Liban retourne en Syrie, et non pas seulement ceux qui ont la nostalgie de la Syrie », a conclu cheikh Jouzou.


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