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CD, DVD - Un Peu Plus De...

(Presque) tout sur ma mère

« Un, maman a tort, Deux, c'est beau l'amour, Trois, l'infirmière pleure... » Tout. Quasiment tout repose sur les épaules d'une mère. Une mère est naturellement la principale pièce du puzzle humain. C'est elle qui est à l'origine de nos premières joies, de nos complexes, de nos problèmes. C'est elle, entre autres mais surtout, qui fera ce que nous sommes. « L'mama », comme on dit chez nous, nous a porté neuf mois durant. Elle nous a nourris. Nous a élevés. Nous a cajolés, bercés, endormis. Elle a soigné nos peines, écouté nos chagrins, pris dans ses bras. La fonction de mère est la somme de tous les sacerdoces, de toutes les vocations, de tous les jobs. Ce rôle tellement désiré est compliqué à tenir. Quoi qu'elle fasse, une mère se plantera toujours à un moment ou à un autre. Mère indigne ? Non. Tout simplement mère... La mère libanaise est une mère à part. Une mère avec ses vices et ses vertus. Mais beaucoup de vices. La mère libanaise aime ses enfants. Son fils surtout. Sa fille aussi, certes, mais son fils surtout. Personne ne trouvera grâce à ses yeux. Personne. Ni la plus belle, ni la plus intelligente, ni la plus soumise des femmes. Aucune ne pourra jamais penser l'égaler. L'amour qu'elle a donné à son rejeton est incommensurable. Inconditionnel. Presque parfait. « Yo2borné. » C'est son vœu le plus cher. Être enterrée avant lui. Et plus tard avec lui. C'est que le fils tant aimé reposera un jour aux côtés de sa mère. Et accessoirement près de son père. Quant à la fille, elle dormira pour l'éternité avec ses beaux-parents. C'est moins glam. Moins œdipien. Mais elle retrouvera elle aussi, et à son tour, son fils (si elle en a eu un). « Yo2borné »... La mère libanaise adore son fils et il le lui rend bien. Il comparera toujours. Il épousera une femme qui lui rappellera sa mère, tandis qu'une fille cherchera (indéfiniment) celui qui lui fera oublier son père. La relation mère/fils made in Lebanon est une extraordinaire histoire d'amour. Quand son fils lui raconte quelque chose, la mère libanaise s'extasie. Approuve, encense. S'il se remet en cause, elle le soutient. L'appuie. Elle le couve, le couvre et l'applaudit s'il entreprend la moindre initiative. Avec sa fille, la mère libanaise est plus critique. Si elle lui raconte quelque chose, elle la remettra en question. Lui dira qu'elle n'a pas vu juste, pas fait assez attention. Elle la jugera. Lui rappellera qu'à son âge elle était déjà mère. La sermonnera. La taclera là où ça fait mal. Si la fille est heureuse d'avoir reçu un tas de coups de fil pour son anniversaire, sa maman répétera que c'est grâce à Facebook. Flattée d'être complimentée, d'être trouvée jolie ? C'est parce qu'elle lui ressemble. Malheureuse avec son mari ? C'est simplement parce qu'elle ne cuisine pas assez bien, pas comme elle. Son amie l'a trahie ? C'est qu'elle donne sa confiance à n'importe qui, pas comme elle. Et si maman est malheureuse à son tour, c'est évidemment parce que sa fille ne s'occupe pas assez d'elle. La mère libanaise est terrible. Douce, mais violente. Gentille et cassante. La mère libanaise aimerait que sa fille soit parfaite et, souvent, elle ne sera heureuse qu'en vivant par procuration, qu'en obligeant pratiquement sa fille à faire ce qu'elle n'a pas pu, elle, cette maman devenue trop vieille, réussir. Le pire ? Elle aimerait pouvoir tout régenter jusqu'à la fin. Des cours de taekwondo de son cadet (la mère libanaise aime la compétition entre mioches) au mariage de sa fille/de son fils (surtout de son fils), en passant par l'éducation de ses petits-enfants. Et ça, bien sûr, quel que soit son âge. Car quand la fille devient mère à son tour, elle ressemble soudainement et étrangement à sa maman. Tellement, que ça en devient terrifiant. Parce que si toute sa (jeune) vie durant, la Libanaise fera tout son possible pour s'affranchir du portrait de sa mère, un jour - lointain ou pas - elle finira pas lui ressembler. Physiquement, moralement, socialement. Peu importe. Elle sera comme elle. Avec ses travers, ses qualités, ses angoisses. Elle entendra ses mots sortir de sa bouche. Elle réitérera les mêmes remontrances à l'égard de sa progéniture. Elle fera les mêmes erreurs. Qu'elle le veuille ou pas. Qu'elle lui en ait voulu ou pas. Elle refera le même schéma. Dans l'ordre ou à l'inverse. Elle se mariera parfois avec un homme qui lui ressemble. Ou un homme comme sa mère a épousé. Un homme bien. De bonne famille. Ou un goujat. Un avocat, un médecin, un intellectuel. Et elle ne le réalisera que plus tard, souvent trop tard. Et quand elle deviendra mère à son tour, elle comprendra. Et se demandera une fois venu le temps des mises au point : quelle mère suis-je ? Une mère libanaise tout simplement. 
« Un, maman a tort, Deux, c'est beau l'amour, Trois, l'infirmière pleure... » Tout. Quasiment tout repose sur les épaules d'une mère. Une mère est naturellement la principale pièce du puzzle humain. C'est elle qui est à l'origine de nos premières joies, de nos complexes, de nos problèmes. C'est elle, entre autres mais surtout, qui fera ce que nous sommes. « L'mama », comme on dit chez nous, nous a porté neuf mois durant. Elle nous a nourris. Nous a élevés. Nous a cajolés, bercés, endormis. Elle a soigné nos peines, écouté nos chagrins, pris dans ses bras. La fonction de mère est la somme de tous les sacerdoces, de toutes les vocations, de tous les jobs. Ce rôle tellement...
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