Des dizaines de funérailles étaient organisées hier à Peshawar, tandis que les commerçants ont fermé échoppes et bazars pour trois jours de deuil. « Nous en avons assez. Nous avons donné trois jours au gouvernement pour arrêter l'effusion de sang et assurer notre sécurité, sinon nous entamerons un mouvement de protestation », a déclaré à l'AFP Ghufran Ullah, à la tête de l'association des commerçants de la ville.
Selon un membre du Parlement pakistanais ayant requis l'anonymat, l'attaque de Peshawar était prévue pour coïncider avec l'arrivée de la secrétaire d'État américaine. Sous haute sécurité, Hillary Clinton s'est rendue hier à Lahore, où elle a annoncé une nouvelle salve d'aides économiques au Pakistan, au deuxième jour d'une visite qu'elle veut consacrer à améliorer l'image des États-Unis auprès de cet allié précieux. Après un plan de 125 millions de dollars pour améliorer l'approvisionnement en électricité et une aide de 85 millions de dollars à un fonds public de lutte contre la pauvreté, Mme Clinton a promis 45 millions de dollars pour l'éducation supérieure. Le département d'État a aussi annoncé un effort de 103,5 millions pour aider la police engagée à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan, le principal lieu de refuge et de combat des talibans alliés d'el-Qaëda.
Toutefois, Mme Clinton a exprimé son scepticisme face à l'incapacité du gouvernement pakistanais à localiser les dirigeants d'el-Qaëda. La chef de la diplomatie américaine a changé de ton, laissant transparaître publiquement une forme de mauvaise humeur. « J'ai du mal à croire que personne dans votre gouvernement ne sache où ils se trouvent et qu'on ne parvienne pas à les arrêter si on le voulait vraiment », a déclaré Mme Clinton à Lahore. « Peut-être, l'envie n'est-elle pas là. Je ne sais pas », a-t-elle ajouté.

