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Liban - Texto

De Sud et de paix

Des années durant, à coups de « moukawama » la plupart du temps justifiée et de moumana'a aujourd'hui de plus en plus désuète, la haine des habitants du Sud pour un ennemi qu'il n'est même plus la peine de désigner par son nom a été nourrie, soigneusement entretenue. Depuis 2005, le pouvoir en place tente toutefois, tout en garantissant à la Résistance le droit d'exister et aussi de résister, de faire prévaloir les moyens pacifiques de résolution du conflit qui continue d'opposer le Liban à Israël dans l'espoir de se voir restituer les hameaux de Chebaa et les collines de Kfarchouba. Malgré tout, et à chaque soubresaut de violence qui s'empare du Sud, un nouveau vent de haine vient balayer les plaines de cette région du pays qui a tant souffert au fil des ans, une colère fidèlement relayée par les médias comme une réalité uniforme et qui ne peut souffrir d'aucune exception. Et pourtant, il suffit d'une seconde de télévision, une seconde durant laquelle l'une de nos chaînes locales se résout enfin à interroger une simple habitante de Houla, jeune, au foulard fleuri et au visage souriant, pour, non pas changer la donne - ce serait bien trop simple -, mais pour que cette certitude si ancrée, si résignée soit quelque peu ébranlée. « Nous ne voulons rien d'autre que le calme, la paix », a-t-elle ainsi dit à la caméra.
Les habitants du Sud veulent la paix. Ils ne sont pas tous, comme voudraient le faire croire certains courants politiques, armés jusqu'aux dents et impatients d'en découdre. Ils veulent la paix, certes, pas à n'importe quel prix, mais la paix quand même. Mercredi dernier, coïncidence ou non, c'était au tour du président syrien Bachar el-Assad d'affirmer que le peuple de son pays, dans sa totalité, le soutient de manière indéfectible dans les négociations indirectes qu'il compte relancer avec Israël par l'intermédiaire de la Turquie. Le jour où, sans sourciller, le président du Liban pourra faire une telle déclaration et reprendre, le plus calmement du monde, les mots de cette jeune femme du Sud au foulard fleuri et au visage souriant, alors le Liban aura rejoint le cortège des grandes nations.
Des années durant, à coups de « moukawama » la plupart du temps justifiée et de moumana'a aujourd'hui de plus en plus désuète, la haine des habitants du Sud pour un ennemi qu'il n'est même plus la peine de désigner par son nom a été nourrie, soigneusement entretenue. Depuis 2005, le pouvoir en place tente toutefois, tout en garantissant à la Résistance le droit d'exister et aussi de résister, de faire prévaloir les moyens pacifiques de résolution du conflit qui continue d'opposer le Liban à Israël dans l'espoir de se voir restituer les hameaux de Chebaa et les collines de Kfarchouba. Malgré tout, et à chaque soubresaut de violence qui s'empare du Sud, un nouveau vent de haine vient balayer les...
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