L'ancien député Misbah Ahdab, qui a été reçu hier par le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, s'est demandé quelle avait été l'utilité des derniers mois et notamment des résultats des élections, à entendre les discours sur le retour à la formule « ni vainqueur ni vaincu » au niveau de la formation du gouvernement. « Il ne faut pas faire de compromis sur ce que celui qui négocie ne possède pas en réalité. La Constitution libanaise n'appartient à personne, et nul ne peut faire de concessions sur la Constitution. Que Dieu ait l'âme de ceux qui sont partis, dirons-nous lorsque nous verrons bientôt le retour de la vétusté », a-t-il souligné. « Le cabinet d'union nationale doit préserver, en son sein, la majorité parlementaire telle qu'elle existe. Au sein d'un cabinet d'union, il doit y avoir une majorité. (...) Pourquoi, sinon, avons-nous mené les élections ? Pourquoi les citoyens ont-ils élu cette majorité ? Pour un retour à ce qui prévalait avant ? » a ajouté Misbah Ahdab, mettant en doute la capacité du nouveau cabinet à régler les questions sociales. « Pourquoi alors former un cabinet ? L'expédition des affaires courantes existe déjà, et nous avons peur que la République toute entière soit reléguée à l'expédition des affaires courantes », a-t-il conclu.
Le patriarche a par ailleurs reçu le député Assem Araji, la sœur de l'imam disparu Moussa Sadr, Rabab Sadr, le président de la municipalité de Beyrouth, Abdel Menhem Ariss, avec qui il a évoqué la polémique concernant le concours du conseil de la Fonction publique pour la municipalité de Beyrouth.
Najjar et le ministère de la Justice
Le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, qui s'est entretenu hier avec le métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi, a déploré, au nom de ce dernier, le retard dans la formation du cabinet, estimant que cela était « anormal » et découlait d'une « volonté de retarder sciemment le processus ». M. Najjar a appelé toutes les parties à assumer leurs responsabilités car, a-t-il dit, « le temps presse », tant sur le plan régional que local. Interrogé par ailleurs sur le cas du ministère de la Justice, M. Najjar a indiqué qu'il « est difficile que le Premier ministre désigné accepte de confier ce ministère à l'opposition sans garanties ». « Cette question est liée à de grands intérêts, et il doit y avoir une coordination totale entre le Premier ministre et le ministère de la Justice », a-t-il souligné. De son côté, Mgr Audi s'est également entretenu avec l'ancien député Élie Ferzli et le ministre de l'Information, Tarek Mitri.
Sur un autre plan, signalons que le président du conseil exécutif des Forces libanaises, Samir Geagea, a reçu hier le député de Beyrouth, Nabil de Freige, avec qui il a évoqué la question de la représentation des minorités au sein du cabinet.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve