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Liban - La Situation

Un retour syrien en perspective pour débloquer la crise ?

Si l'attention s'est une fois de plus reportée, hier, sur le désordre sécuritaire, il reste que toutes les parties sont d'accord sur le diagnostic à faire au sujet du dernier tir de katioucha contre Israël : il s'agit d'abord d'une conséquence du vide politique. À ce sujet, c'est actuellement une vague d'optimisme mesurée et prudente qui anime tous les protagonistes de l'accouchement long et douloureux du nouveau cabinet. Si la complexité de la situation régionale ne facilite pas le dénouement heureux du problème, il reste toutefois que Damas aurait, selon les dernières analyses, redoublé d'ardeur pour que le calvaire libanais touche à sa fin. Ainsi, selon des sources proches du député Sleimane Frangié, le président syrien Bachar el-Assad aurait longuement conversé par téléphone avec le chef des Marada concernant la volonté de Damas de « faciliter la tâche du Premier ministre désigné ». Une réunion tripartite devrait avoir lieu entre Sleimane Frangié, le député Michel Aoun et le Premier ministre désigné Saad Hariri pour s'entendre sur la formation du cabinet, ajoutent ces sources, citées hier par le site Internet nowlebanon.com.
Ces informations coïncident avec celles selon lesquelles Hussein Khalil et Ali Hassan Khalil se seraient rendus à Damas durant les dernières heures et auraient été tenus au courant de la volonté syrienne de débloquer la situation. Même si, dans sa déclaration d'hier à l'issue de la réunion hebdomadaire de son bloc parlementaire, Michel Aoun a alterné le chaud et le froid, campant d'un côté sur ses revendications, notamment en ce qui concerne le ministère des Télécoms, et lançant, de l'autre, des fleurs à Saad Hariri. Selon des sources bien informées qui se trouvaient justement à Damas, le président Assad aurait effectivement mis en relief sa volonté de voir aplanis les obstacles qui empêchent encore Saad Hariri de former un cabinet. Bachar el-Assad aurait même affirmé que la Syrie n'intercéderait pas en faveur de ses alliés et du général Aoun « parce qu'il souhaite que la naissance du gouvernement soit authentiquement interlibanaise ». Par suite, affirment ces sources, le nouveau cabinet devrait se former dans les jours à venir, probablement autour du 1er novembre, date qui coïncide avec la Toussaint et l'anniversaire de Rafic Hariri.
Cependant, des sources proches du 14 Mars affirment rester de marbre devant l'offensive de charme syrienne, dont l'objectif serait double : faire étalage de sa musculature au Liban en annonçant, par la voix même de son « protégé » Sleimane Frangié, son retour magistral de faiseur de gouvernement au Liban par la grande porte, et montrer patte blanche à la communauté internationale en jouant aux réconciliateurs au pays du Cèdre. La fonction latente étant de montrer que Saad Hariri n'a pu débloquer la situation que suite au feu vert syrien, et que, par conséquent, la majorité issue des élections s'est bel et bien évaporée en fumée durant les derniers mois. D'où une prudence supplémentaire dans les rangs du 14 Mars face à cette contre-offensive syrienne de charme, qui rejoint d'ailleurs l'opinion exprimée hier par le quotidien koweïtien al-Raï, selon laquelle « le rôle joué par Sleimane Frangié entre dans le cadre d'une campagne de propagande syrienne qui vise pour Damas à être innocenté par l'opinion publique arabe et internationale de l'accusation selon laquelle la Syrie cherche en permanence à torpiller les efforts pour la formation du cabinet au Liban, et à épuiser Saad Hariri à travers une distribution habile de rôles au sein de la minorité et de le pousser soit à l'humiliation à travers de nouvelles concessions face à Aoun, soit à mordre la poussière en claquant la porte une nouvelle fois ».

M.H.G.
Si l'attention s'est une fois de plus reportée, hier, sur le désordre sécuritaire, il reste que toutes les parties sont d'accord sur le diagnostic à faire au sujet du dernier tir de katioucha contre Israël : il s'agit d'abord d'une conséquence du vide politique. À ce sujet, c'est actuellement une vague d'optimisme mesurée et prudente qui anime tous les protagonistes de l'accouchement long et douloureux du nouveau cabinet. Si la complexité de la situation régionale ne facilite pas le dénouement heureux du problème, il reste toutefois que Damas aurait, selon les dernières analyses, redoublé d'ardeur pour que le calvaire libanais touche à sa fin. Ainsi, selon des sources proches du député Sleimane Frangié, le...
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