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Liban - La Situation

Frangié et Berry à pied d’œuvre pour « rapprocher les points de vue »

En pratique, et malgré toutes les gesticulations des uns et des autres, le pays demeure dépourvu de gouvernement. Et le souhait de Saad Hariri de voir un gouvernement « d'union nationale économique, sociale », assortie d'une entente sur un programme d'action, se mettre en place demeure un vœu pieux. La journée d'hier a d'abord été marquée par un boycott par la majorité parlementaire de l'hémicycle, alors que les députés, toutes tendances politique confondues, se devaient de se retrouver place de l'Étoile afin d'élire les commissions parlementaires. Le quorum n'a pu être atteint faute d'un réel désir de la majorité de faciliter un scrutin perçu par la minorité comme une échéance « importante ». Robert Ghanem a d'ailleurs soutenu que la naissance du gouvernement est actuellement une priorité, un dossier prioritaire « pour le Liban, l'État et le citoyen ». De plus, a-t-il ajouté, « il ne faut pas parasiter les contacts qui sont en train d'être effectués dans cet objectif en abordant le sujet des commissions parlementaires ». En face, la minorité, via le Courant patriotique libre et le mouvement Amal, regrette, elle, « le lien » tissé entre l'échéance parlementaire et le processus de création du gouvernement, et indique, à l'instar de Hussein Hajj Hassan, que « ce qui s'est déroulé » place de l'Étoile, pour les élections des commissions, « n'est ni positif ni dans l'intérêt du pays ». Il n'y a pas vraiment de commentaire à faire à cet égard, si ce n'est que c'est le président de la Chambre lui-même qui a inauguré l'instrumentalisation du Parlement à des fins politiques et que, reproduisant le même schéma - quoique fort maladroitement eu égard au timing choisi et aux gains politiques qui peuvent être escomptés - la majorité réussit aujourd'hui à bloquer la vie parlementaire.
Pendant ce temps, Sleimane Frangié choisissait de se rendre à Baabda où les informations en provenance du palais faisait état d'une initiative tendant à démêler « les derniers nœuds qui entravent la formation du nouveau gouvernement » et à opérer un rapprochement des points de vue entre Koraytem et Rabieh. De source proche de Baabda, on soulignait également hier que « la solution à la crise gouvernementale est désormais proche » et que tout porte à croire que la nature du problème est « strictement interne, et non pas externe comme le pensent certains ». M. Frangié a lui aussi fait part de son optimisme en qualifiant également le nœud d' « interne », mais en soulignant d'autre part qu'il ne fallait pas qu'une partie « sorte perdante » du processus de formation du gouvernement. Autre développement intéressant souligné par Yassine Jaber, « la fin du jeûne de Nabih Berry » qui, « prenant conscience de la délicatesse de la situation actuelle », a entrepris des efforts tendant à rapprocher les points de vue. Et Ali Bazzi d'ajouter que le mouvement Amal a fait part de quelques « idées » au Premier ministre désigné et « attend la réponse de ce dernier ».
D'autre part, et pendant que les milieux CPL s'évertuaient à démontrer par A+B que la balle est désormais dans le camp de Koraytem, les milieux proches de Saad Hariri affirmaient qu'il était nécessaire de « laisser au Premier ministre désigné la marge nécessaire qui lui permettra de mettre un terme au processus de formation du gouvernement le plus rapidement possible ». Des informations ont également fait part d'une proposition qui aurait été faite par M. Hariri à M. Aoun et qui consisterait en un « package deal qui comprend les Télécommunications », les sources du Futur ayant signalé hier soir que celle-ci avait été rejetée par M. Aoun. Selon la chaîne de télévision OTV, la proposition consistait en un troc « ministère des Télécommunications contre nouvelle formule gouvernementale » en l'occurrence la 3-11-16.
À l'heure où une délégation qatarie arrivait à Beyrouth hier soir, une roquette type Katioucha a été tirée du village de Houla. Tout d'un coup, le débat portant sur la distribution des portefeuilles ministériels s'apparentait plus à une polémique sur le sexe des anges qui sur un problème réel, fondamental, comme s'échinent à le prouver les responsables des deux camps. De source informée, on indiquait hier soir que cet incident - qui s'est soldé par une réunion quasi-immédiate du commandement militaire israélien de la région nord et par une riposte, ciblée certes, mais tout aussi immédiate, contre l'origine du tir - a quelque peu brouillé les cartes, en ce sens que la rencontre Hariri-Aoun initialement prévue pour hier soir était devenue tout d'un coup incertaine. Peut-être aussi que, dans un pays où les dirigeants font preuve d'un minimum de sagesse et de vision à moyen terme, qu'un tel incident pourrait servir d'instrument de pression pour accélérer la naissance d'un nouveau gouvernement décidément invisible. Et potentiellement insipide.
En pratique, et malgré toutes les gesticulations des uns et des autres, le pays demeure dépourvu de gouvernement. Et le souhait de Saad Hariri de voir un gouvernement « d'union nationale économique, sociale », assortie d'une entente sur un programme d'action, se mettre en place demeure un vœu pieux. La journée d'hier a d'abord été marquée par un boycott par la majorité parlementaire de l'hémicycle, alors que les députés, toutes tendances politique confondues, se devaient de se retrouver place de l'Étoile afin d'élire les commissions parlementaires. Le quorum n'a pu être atteint faute d'un réel désir de la majorité de faciliter un scrutin perçu par la minorité comme une...
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