En août, le crédit avait arraché une hausse infime de 0,1 % et une entrée en territoire négatif au mois de septembre était largement attendue par les économistes.
Cela « renforce les inquiétudes selon lesquelles la faiblesse des prêts octroyés par les banques va freiner la reprise économique de la zone euro », réagit Howard Archer de IHS Global Insight.
Même si l'économie des Seize est appelée à renouer avec la croissance au troisième trimestre 2009, un crédit devenu denrée rare représente « un sérieux handicap » pour la relance des mois à venir, souligne-t-il.
La Banque centrale européenne a jusqu'ici balayé l'idée d'une pénurie rampante du crédit, soulignant que le ralentissement de l'octroi de prêt était très largement lié à une demande faible. En période de crise, les entreprises gèlent leurs investissements et les ménages reportent leurs gros achats à des jours meilleurs.
Mais elle s'est aussi inquiétée de la réticence des banques à prêter, et ce d'autant plus qu'elle les soutient plus que généreusement en mettant à leur disposition des liquidités illimitées à un taux historiquement bas de 1 %.
Une chose est sûre : « Il y a peu de signes d'un retour à la normale dans le secteur bancaire », estime Ben May de Capital Economics. La publication mercredi de l'étude trimestrielle de la BCE sur l'activité de crédit des banques de la zone euro, très attendue des marchés, devrait en apporter une nouvelle preuve, selon les experts.
Les chiffres publiés hier confirment que « le cycle du crédit reste le grand point d'interrogation sur l'échéance et l'ampleur de la reprise », souligne UniCredit dans une note.
Tout parle en conséquence en faveur d'un très long statu quo de la BCE sur ses taux d'intérêt directeurs. Et elle n'est pas prête non plus de retirer ses mesures exceptionnelles de soutien au crédit, jugent les économistes.
L'absence d'inflation lui permet d'attendre. L'évolution de la masse monétaire M3, indicateur avancé de l'évolution des prix, a encore fortement ralenti : il a augmenté de 1,8 % sur un an, plus que prévu, selon des chiffres encore provisoires, contre +2,6 %, selon les chiffres de la BCE.


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